PAILLANT (Nippes), vendredi 3 octobre 2025 (RHINEWS)– A l’issue de son symposium, la Coordination centrale du mouvement Éveil Grand Sud (EGS)a dénoncé l’échec des multiples missions internationales déployées en Haïti au cours des trois dernières décennies. « Malgré les multiples missions, y compris les débarquements militaires américains depuis 1994, aucune n’a résolu la crise profonde et persistante qui frappe le pays », déplore l’organisation, qui réaffirme que « la solution à la crise haïtienne doit nécessairement être haïtienne ».
Le mouvement, dont le coordonnateur général est Charlot Murat et le secrétaire général Rudolf Dérose, insiste sur la nécessité pour la communauté internationale de « revoir ses stratégies » et de privilégier un « partenariat réel » avec le peuple haïtien. « Il ne faut pas oublier qu’Haïti, ce n’est pas Port-au-Prince. Nous sommes 13 millions sur 27 750 kilomètres carrés et une diaspora de 3 millions qui respecte sa souveraineté et ses aspirations profondes. Car les artisans du problème n’engendreront pas sa solution », a souligné la déclaration signée par plusieurs responsables, dont Woodley Joanis, Oslené Vangine Dobisage et Jean François Tardieu.
Éveil Grand Sud appelle à la mise en place d’un plan de développement national ambitieux et de longue durée, basé sur la relance agricole, l’agro-industrie, le tourisme, les infrastructures et la réforme de la santé et de l’éducation. « Cette vision ne peut être accomplie sans la décentralisation et la régionalisation qui sont les piliers d’Éveil Grand Sud », précise le communiqué, insistant sur la nécessité de construire des infrastructures durables telles que des ports, aéroports, routes communales et régionales, tout en développant la pêche et des outils financiers adaptés comme les caisses populaires et les fonds de développement.
L’organisation affirme également que la réconciliation nationale est une condition incontournable pour sortir le pays de l’impasse. « Le mouvement appelle de ses vœux une réconciliation sincère de la famille haïtienne, à concrétiser par le dialogue inter-haïtien fondamental dans la vie de la nation », lit-on dans le texte. Selon EGS, cette réconciliation doit passer par l’inclusion des paysans, des jeunes, des habitants des sections communales et de la diaspora, « trop souvent exclus des débats malgré leur rôle essentiel dans la société ».
Éveil Grand Sud rejette la gestion de la crise par les élites économiques, politiques et intellectuelles du pays, accusées d’avoir failli à leur mission historique. « Face à cet échec général, il est temps d’écouter la société civile, mais aussi la voix majoritaire des citoyens non organisés », martèle la note, qui fixe pour cap une « autonomie prospère du Grand Sud » intégrée dans un projet national équitable, durable et souverain.

