DELIVRANS et SOL AYITI mettent l’OEA en garde contre les risques d’un scrutin sous tension en Haïti…

Albert Ramdin, actuel ministre des Affaires étrangères, du Commerce international et de la Coopération internationale de la République du Suriname...

PORT-AU-PRINCE, mercredi 19 août 2026 (RHINEWS)– Les groupements politiques DELIVRANS et SOL AYITI (Solidarité pour Ayiti Respire) ont saisi le secrétaire général de l’Organisation des États américains (OEA), Albert R. Ramdin, de leurs préoccupations concernant la transparence, la neutralité institutionnelle et les conditions de participation au processus électoral en cours en Haïti.

Dans une correspondance adressée au secrétaire général de l’OEA, actuellement en visite en Haïti à la tête d’une délégation de l’organisation, les deux groupements estiment que la préparation des prochaines élections doit s’appuyer sur des règles « claires, transparentes, équitables et appliquées uniformément à tous les compétiteurs ».

DELIVRANS et SOL AYITI soulignent que le pays fait face à des difficultés majeures susceptibles, selon eux, d’affecter la crédibilité du scrutin. Ils placent notamment la situation sécuritaire au premier rang de leurs préoccupations.

« La question sécuritaire est fondamentale », écrivent les deux organisations, affirmant que les départements de l’Ouest, de l’Artibonite et du Centre, qu’elles présentent comme représentant « plus de 60 % de l’électorat national », demeurent confrontés au contrôle ou à l’influence de groupes armés. Cette situation, estiment-elles, pourrait affecter la liberté de circulation, les activités de campagne et la participation des électeurs.

Les deux groupements mettent également en cause le décret électoral. Ils considèrent que celui-ci aurait été élaboré dans des conditions susceptibles de favoriser les forces politiques proches du pouvoir. DELIVRANS et SOL AYITI évoquent notamment la présence de responsables intégrés aux structures de l’État qui seraient susceptibles de se porter candidats.

Selon eux, « le pouvoir exécutif n’est pas neutre puisqu’il est aussi compétiteur dans la compétition dont il est l’organisateur ». Les organisations affirment que l’exécutif dispose d’un contrôle important sur les leviers administratifs, financiers et sécuritaires de l’État, ce qui, à leurs yeux, pose la question de l’égalité des chances entre les différents acteurs politiques.

DELIVRANS et SOL AYITI demandent ainsi que « l’administration publique et les ressources nationales restent au service exclusif de la République » et soient utilisées de manière non partisane pendant la période électorale.

La question de l’indépendance du Conseil électoral provisoire (CEP) figure également parmi leurs principales préoccupations. Les deux groupements estiment que l’impartialité de l’institution électorale doit être « visible et incontestable » et que les décisions relatives aux candidatures, à la localisation des centres de vote, au calendrier électoral, au traitement des contestations et à la publication des résultats doivent reposer sur « des critères objectifs et transparents ».

Ils s’interrogent par ailleurs sur les conditions dans lesquelles certaines décisions concernant l’organisation du processus électoral auraient été prises. La correspondance fait notamment état de préoccupations relatives à l’émission du décret électoral et à la nomination du directeur général du CEP, que les signataires présentent comme des indices d’une possible ingérence gouvernementale dans l’administration de l’institution.

Les deux groupements affirment toutefois suivre attentivement l’exécution du calendrier électoral publié par le CEP et saluent la simplification de certaines procédures. Ils insistent néanmoins sur la nécessité d’une information accessible et de règles « claires, compréhensibles et appliquées uniformément » à tous les participants.

Ils indiquent également avoir adressé, le 13 août, une lettre ouverte au CEP dans laquelle ils avaient déjà exprimé leurs préoccupations concernant la crédibilité du processus et appelé à l’organisation d’élections « inclusives, transparentes et équitables ».

Dans leur démarche auprès de l’OEA, DELIVRANS et SOL AYITI demandent notamment la publication suffisamment anticipée et complète des procédures électorales, ainsi que la mise en place d’une table de concertation régulière entre le CEP et les partis et groupements politiques engagés dans le processus.

Ils sollicitent également une vigilance accrue concernant l’utilisation des ressources publiques durant la période électorale, un accès effectif à l’inscription des candidats dans les différentes régions du pays, ainsi que des mécanismes transparents et impartiaux pour traiter les éventuelles contestations électorales.

Les deux organisations demandent enfin une communication publique régulière du CEP sur les différentes étapes du processus et une observation électorale qu’elles souhaitent suffisamment robuste pour accompagner les principales phases du scrutin et contribuer à renforcer la confiance des citoyens.

« Haïti ne peut rester sans institutions issues du suffrage universel », écrivent-elles, tout en estimant que le pays « ne peut non plus se permettre des élections biaisées qui engendreraient une nouvelle crise ».

DELIVRANS et SOL AYITI réaffirment leur volonté de participer aux élections, mais conditionnent cette participation à l’existence, selon eux, de garanties permettant d’assurer des conditions « claires, transparentes et équitables pour tous ».

La démarche adressée à Albert Ramdin vise, selon ses auteurs, à attirer l’attention de l’OEA sur les risques susceptibles d’affecter la légitimité du prochain scrutin et à solliciter un accompagnement international du processus électoral haïtien.