Antonio Guterres expose les priorités pour 2026 et défend l’intégrité de la Charte de l’ONU…

Antonio Guterres, secretaire general de l'OMU...

NEW-YORK, jeudi 15 janvier 2026 (RHINEWS)- Pour la dernière fois de son mandat, le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a présenté jeudi devant l’Assemblée générale, à New York, les priorités de l’organisation pour l’année 2026, dans un contexte international qu’il a décrit comme « chaotique », marqué par une défiance croissante envers le multilatéralisme et les institutions internationales.

À moins d’un an de la fin de ses fonctions, M. Guterres a dressé un constat sombre de la situation mondiale, évoquant un environnement dominé par « les conflits, l’impunité, les inégalités et l’imprévisibilité ». Selon lui, un paradoxe s’impose : « jamais le multilatéralisme n’a été aussi nécessaire et jamais il n’a été aussi contesté ». Face aux remises en cause de la coopération internationale, il a assuré que l’Organisation des Nations Unies « ne baisser[a] pas les bras ».

Au cœur de son intervention, le Secrétaire général a affirmé que le respect intégral de la Charte des Nations Unies constitue un principe non négociable. « La Charte n’est pas un menu à la carte, c’est un menu à prix fixe », a-t-il déclaré, dénonçant une érosion du droit international visible « sous les yeux du monde entier ». Il a cité notamment les attaques contre les civils, les changements anticonstitutionnels de gouvernement et la répression des voix dissidentes comme manifestations de cette impunité croissante.

M. Guterres a également mis en garde contre la concentration accrue du pouvoir et des richesses, rappelant que « les 1 % les plus riches détiennent 43 % des actifs financiers mondiaux ». Il a souligné l’influence grandissante d’acteurs privés, en particulier dans le domaine de l’intelligence artificielle, estimant que celle-ci pose un défi direct aux valeurs communes. « L’humanité doit guider la technologie, et non l’inverse », a-t-il plaidé.

Le Secrétaire général a insisté sur le lien indissociable entre paix, justice et développement durable. Évoquant les conflits en cours, notamment à Gaza, en Ukraine, au Soudan et au Yémen, il a rappelé que « la paix ne se résume pas à l’absence de guerre » et qu’elle demeure fragile sans progrès économique et social. Plus de dix ans après l’adoption des objectifs de développement durable, il a averti que près des deux tiers des cibles pourraient ne pas être atteintes d’ici à 2030, en raison d’un déficit de financements et de l’absence de réformes de l’architecture financière internationale.

Sur le plan des droits humains, M. Guterres s’est dit « profondément préoccupé » par la répression violente de mouvements de contestation, notamment en Iran, et a réaffirmé son refus de toute remise en cause des droits des femmes. « Nous ne pouvons pas céder, et nous ne céderons pas », a-t-il déclaré, soulignant que la parité atteinte aux plus hauts niveaux de l’ONU constitue un facteur de légitimité et non un simple symbole.

La justice envers la nature a également figuré parmi ses priorités. Qualifiant le changement climatique de « multiplicateur de risques », il a estimé que le dépassement temporaire du seuil de 1,5 °C de réchauffement est désormais « inévitable », mais « pas irréversible ». Il a appelé à accélérer la sortie des énergies fossiles et à garantir des financements prévisibles pour l’adaptation ainsi que pour les pertes et dommages.

Enfin, le Secrétaire général a exhorté les États à reconstruire l’unité dans un monde qu’il juge de plus en plus fracturé par le racisme, la xénophobie et le fanatisme. Il a mis en garde contre la tentation du repli et des « citadelles fortifiées », plaidant pour des sociétés inclusives respectueuses des droits des migrants et des réfugiés. « Le choix est clair : inclusion ou isolement, renouveau ou déclin », a-t-il résumé.

António Guterres a reconnu la gravité de son ton, affirmant s’être exprimé « sans ambages parce que les temps l’exigent ». Rappelant que la Charte des Nations Unies demeure la « boussole » de l’organisation, il a averti que « le temps est compté », présentant son discours comme un appel solennel à choisir entre l’abandon du multilatéralisme et sa refondation.