WASHINGTON, mercredi 30 septembre 2026 (RHINEWS)– Le secrétaire général de l’Organisation des États américains (OEA), Albert Ramdin, a appelé mercredi à la mise en œuvre immédiate du mandat renouvelé de la Force de répression des gangs (FRG) en Haïti, après la décision du Conseil de sécurité des Nations unies de prolonger de six mois le mandat de cette force internationale.
« C’est une étape importante. La priorité doit maintenant être la mise en œuvre immédiate », a déclaré Albert Ramdin, en appelant les pays ayant pris l’engagement de fournir du personnel à la FRG à procéder « sans délai » au déploiement de leurs contingents.
Le secrétaire général de l’OEA a également demandé aux États qui ne sont pas en mesure de fournir directement du personnel de contribuer au déploiement par d’autres moyens, notamment en assurant le transport et un soutien logistique.
« La FRG doit disposer du personnel, des équipements, du financement et des capacités opérationnelles nécessaires pour faire face aux gangs armés, soutenir les institutions de sécurité haïtiennes et contribuer au rétablissement de la sécurité dont le peuple haïtien a un besoin urgent », a-t-il souligné.
Le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté mardi, à l’unanimité des membres ayant voté, la prolongation du mandat de la FRG jusqu’au 31 mars 2027. La Chine, la Russie et le Pakistan se sont abstenus. La force, conçue pour compter jusqu’à 5.500 membres, ne disposerait actuellement que d’environ 1.500 personnels déployés, selon des informations rapportées après le vote.
Cette décision intervient après un appel lancé le 25 septembre par les 32 États membres actifs de l’OEA en faveur du renouvellement du mandat de la FRG et de son déploiement complet et durable. Dans une déclaration commune, ces États avaient exhorté la communauté internationale à fournir à la force le personnel, le financement, les équipements et l’appui logistique nécessaires.
La Communauté des Caraïbes (CARICOM) s’était également prononcée en faveur du renouvellement du mandat de la FRG. Le 3 septembre, sa secrétaire générale, Carla Barnett, avait déclaré devant le Conseil permanent de l’OEA que les deux organisations considéraient que « le mandat de la Force de suppression des gangs doit être renouvelé ». Elle avait parallèlement relevé que les engagements pris par les partenaires internationaux d’Haïti en matière de personnel, de financement, d’équipements et de soutien logistique n’avaient pas encore été suffisamment concrétisés.
Dans sa déclaration du 25 septembre, Albert Ramdin avait déjà insisté sur le fait que le renouvellement du mandat ne suffisait pas à lui seul. « Un mandat, à lui seul, ne produit pas de résultats », avait-il affirmé, soulignant que les résultats nécessitaient « du personnel, du financement, des équipements, de la logistique et, bien sûr, un soutien politique durable ».
Le secrétaire général de l’OEA a également lié les efforts sécuritaires au processus électoral haïtien. Il a appelé les partis politiques et les autres acteurs haïtiens à « s’engager de manière positive et constructive » afin de créer les conditions nécessaires à la tenue d’élections crédibles et au rétablissement des institutions démocratiques.
« Les engagements doivent maintenant se traduire par une action coordonnée et des résultats concrets pour le peuple haïtien », a déclaré Albert Ramdin.
L’OEA considère la sécurité et les élections comme deux priorités étroitement liées pour Haïti. Dans un rapport présenté le 3 septembre au Conseil permanent, Ramdin avait appelé à accélérer les efforts destinés à rétablir les institutions démocratiques et à faire en sorte que la coopération internationale produise des améliorations concrètes dans la vie quotidienne de la population.
La déclaration commune des 32 États de l’OEA souligne également que la FRG doit soutenir la Police nationale d’Haïti et les Forces armées d’Haïti, conformément à leurs mandats respectifs, notamment pour rétablir l’autorité de l’État dans les zones contrôlées par les gangs, sécuriser les infrastructures stratégiques, rouvrir les principaux axes de transport et faciliter l’accès humanitaire.
L’Organisation des Nations unies dispose par ailleurs du Bureau d’appui des Nations unies en Haïti (UNSOH), créé en vertu de la résolution 2793 adoptée en septembre 2025, pour fournir un appui logistique, technique, administratif et opérationnel à la FRG. Cet appui comprend notamment le transport, les communications, les services médicaux, le carburant et d’autres infrastructures nécessaires aux opérations.

