Spectacle et opération militaire…

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Par Evens Dubois,

NEW-YORK, mardi 6 janvier 2026 (RHINEWS)- La capture de Nicolás Maduro et de son épouse n’a pas seulement été une opération militaire. Elle a été un spectacle. Un acte pensé pour impressionner, intimider et rappeler au monde que les États-Unis savent encore frapper fort. Entre infiltration, corruption, mise en scène et communication millimétrée, cette opération porte la marque d’un pouvoir qui gouverne autant par l’image que par l’action.

Une opération préparée dans l’ombre, exécutée en pleine lumière.

Selon les analystes du renseignement, l’opération ayant conduit à la capture de Nicolás Maduro a été spectaculaire et extrêmement réussie. En recoupant les premiers éléments, ils sont arrivés à une conclusion frappante : la CIA aurait méthodiquement infiltré le cercle rapproché du président vénézuélien.

Selon ces sources, plusieurs gardes du corps, des membres du cabinet ministériel et même des hauts gradés de l’armée auraient été soudoyés ou retournés. Une infiltration profonde, patiente, qui a fissuré le système de sécurité du régime de l’intérieur.

On se souvient que Donald Trump avait augmenté la prime pour la capture de Maduro, la faisant passer de 15 à 50 millions de dollars. Mais pour les spécialistes, cette somme n’était qu’un signal public. En coulisses, l’administration aurait investi bien davantage.

Le mode d’approche décrit par ces sources est simple et direct :

« Travaillez pour nous. Vous serez payés. Vous obtiendrez des visas pour vous et votre famille. Et tout ce que nous avons contre vous disparaîtra. »

Une offre irrésistible pour certains, dans un pays miné par la méfiance et les rivalités internes.

La presse rapporte qu’au moment de l’opération, le système de défense aérienne aurait été désactivé. Les unités chargées de tirer sur les hélicoptères américains auraient reçu l’ordre de ne pas ouvrir le feu.

Résultat : les forces américaines ont évolué avec une aisance totale, frappant des sites stratégiques, créant des diversions, neutralisant des points clés sans rencontrer de résistance.

Pour les spécialistes, ce sont précisément ces éléments — infiltration, corruption, neutralisation des défenses — qui expliquent le succès fulgurant de l’opération. Une opération pensée pour être efficace, mais aussi pour être vue.

Et Donald Trump n’a rien fait pour en atténuer le caractère spectaculaire. Il avait même annoncé publiquement que la CIA opérait au Venezuela. Une évidence stratégique, transformée en déclaration tonitruante. Comme dire qu’il y a des avions dans un aéroport.

Mais Trump ne rate jamais une occasion de produire du spectacle. Il excelle dans l’art d’utiliser la presse pour amplifier chaque geste, chaque phrase, chaque opération.

Le pouvoir comme scène : entre menace, mise en scène et politique-spectacle

Cette opération s’inscrit dans une logique plus large : celle d’un dirigeant qui gouverne par images, par séquences, par dramaturgie. Pour reprendre l’expression de Mao Tsé-Toung, Donald Trump apparaît comme un tigre en papier doté de dents atomiques.

Une formule qui résume une manière d’exercer la puissance : impressionner, intimider, mais toujours en contrôlant l’escalade.

Deux épisodes récents l’illustrent parfaitement.

Lors de l’élimination du général iranien Qassem Soleimani, Trump ne voulait pas déclencher une guerre ouverte. Selon plusieurs sources, un arrangement discret aurait été trouvé : l’Iran tirerait quelques missiles sur des bases américaines préalablement évacuées. Les images ont circulé, les projectiles ont frappé, mais sans victimes. Chacun a sauvé la face.

Même logique durant la « guerre des douze jours ». Trump donne son feu vert à une frappe israélienne sur un site nucléaire iranien, mais avertit Téhéran en amont. Le site est touché, mais l’opération s’arrête là. Une riposte symbolique est même encouragée : l’Iran bombarde une grande base américaine en limitant les dégâts.

Une frappe pour l’image, pas pour la guerre.

Ces épisodes montrent une constante : la menace devient un décor, la puissance un dispositif scénique.

Chez Donald Trump, la politique est spectacle.

Guy Debord l’avait anticipé : dans La Société du spectacle, le pouvoir ne se contente plus d’agir, il doit être vu en train d’agir. Baudrillard parlait de simulacres : des actions qui imitent la guerre sans en assumer les risques.

Trump s’inscrit pleinement dans cette logique. Il fabrique de la peur comme on fabrique un show. Il transforme chaque opération en récit, chaque décision en scène, chaque annonce en performance.

L’opération contre Maduro l’a rappelé avec une clarté presque cruelle : même quand tout ressemble à une mise en scène, la puissance américaine n’est jamais un simple décor. Le spectacle amuse, fait sourire, fait lever les yeux au ciel… mais derrière les effets spéciaux, les frappes tombent. Les régimes s’effondrent.

C’est là que réside l’ironie ultime : Trump joue au showman, mais ce showman-là a des missiles. Il gesticule, il exagère, il fanfaronne… mais quand il appuie sur un bouton, ce ne sont pas des confettis qui sortent.

Evens Dubois

Brooklyn, NY

1/6/26