Pourquoi le Président Donald Trump s’acharne-t-il sur le Venezuela ?

President Donald Trump during a campaign rally at the Target Center in Minneapolis-Saint Paul, MN, Thursday, Oct. 10, 2019. (Photo by Doug Mills/The New York Times) NYTCREDIT: Doug Mills/The New York Times

Par Evens Dubois,

NEW-YORK, samedi 27 décembre 2025 (RHINEWS)- Les États-Unis ont déployé une armada entière au large du Venezuela. La mer des Caraïbes bruisse désormais du grondement des destroyers et des avions de surveillance. Depuis le 2 septembre, les frappes se succèdent sans répit. Cent cinq personnes ont déjà perdu la vie, selon Washington.

Les cibles ? Des navires vénézuéliens accusés de transporter de la drogue. Mais pour la population, ce sont surtout des jours de peur et de chaos.

Le pays était déjà à genoux, écrasé par l’inflation et la chute du pouvoir d’achat. L’instabilité monétaire rongeait chaque foyer, chaque salaire, chaque repas. Les restrictions aériennes et maritimes ont fini d’étouffer ce qu’il restait d’activité. Les exportations s’effondrent, et l’État peine désormais à assurer les services essentiels.

Pendant ce temps, l’administration Trump affiche son objectif sans détour : en finir avec la Révolution bolivarienne. Ce projet politique avait osé rompre avec les dogmes du néolibéralisme et la tutelle de Washington.

Pour ses détracteurs, son crime impardonnable est d’avoir affirmé que les richesses du pays doivent servir le peuple. Une audace qui a déclenché une campagne d’hostilité où accusations et stigmatisations tournent en boucle.

Mais derrière cette bataille idéologique, un enjeu plus vaste se dessine. Car en frappant le Venezuela, c’est en Amérique même que s’ouvre le nouveau chapitre de la rivalité avec la Chine.

Un Venezuela affaibli, devenu cible idéale

Le Venezuela sort d’années de crise profonde. Les élections de 2024 ont montré un mécontentement massif, l’économie s’est effondrée, l’inflation a explosé et la vie quotidienne est devenue extrêmement difficile. Dans cet état de fragilité, le pays apparaît comme une cible facile pour Washington.

Ce n’est pas la première fois que les États-Unis choisissent d’agir là où le risque est faible. Comme pour l’Iran, où les frappes américaines n’ont eu lieu qu’après que d’autres acteurs eurent affaibli Téhéran, le Venezuela est aujourd’hui un terrain où Washington peut montrer sa force sans craindre une riposte majeure.

Mais la faiblesse du pays n’est qu’une partie de l’histoire. Le Venezuela possède les plus grandes réserves prouvées de pétrole au monde, cinq fois plus que les États-Unis. Pendant des années, Chevron a collaboré avec la compagnie pétrolière d’État vénézuélienne. Trump avait rompu cette relation avant de la rétablir discrètement en juillet.

Parallèlement, Washington a imposé des tarifs supplémentaires aux pays importants du pétrole vénézuélien. Malgré cela, les exportations de Caracas ont atteint un sommet en cinq ans, principalement grâce à la Chine et au rôle de Chevron.

Pour Washington, cette situation est intenable. Si Caracas décidait de restreindre l’accès de Chevron ou d’accorder un traitement préférentiel à Pékin, cela affaiblirait directement la position américaine. L’administration Trump veut donc verrouiller l’accès aux ressources vénézuéliennes.