Journée mondiale de la fonction publique : hommage vibrant à cinquante fonctionnaires par la Primature et l’OMRH…

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PORT-AU-PRINCE, mardi 24 juin 2025 (RHINEWS)- C’est dans la salle Franck de l’hôtel Montana, parée de drapés bleu et rouge et d’un éclat sobrement solennel, que s’est tenue ce lundi 23 juin 2025 la cérémonie officielle marquant la Journée mondiale de la fonction publique. L’événement, à la fois protocolaire et profondément symbolique, a été orchestré par la Primature en collaboration avec l’Office de Management et des Ressources Humaines (OMRH), dans une volonté affichée de restaurer l’honneur du service public haïtien et de célébrer la résilience silencieuse de ses serviteurs.

La Journée mondiale de la fonction publique, instaurée par l’ONU en 2002 (résolution 57/277), est célébrée chaque 23 juin. Elle vise à honorer les agents publics pour leur rôle essentiel dans la gestion des affaires publiques et le développement des sociétés. Cette journée met en lumière l’importance de la fonction publique dans la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD), notamment en matière de gouvernance, de justice et de services sociaux. Elle encourage aussi les jeunes à embrasser des carrières publiques fondées sur l’intégrité et l’engagement, tout en promouvant l’innovation, la transparence et l’efficacité dans l’administration.

Dans une salle pleine à craquer, où l’esthétique des colonnes de ballons spiralés côtoyait la précision technologique d’un écran numérique en fond de scène, plus de deux cents fonctionnaires venus de diverses institutions – Présidence, ministères régaliens, directions techniques, organismes autonomes – ont répondu à l’appel. Le thème de cette édition, « Des fonctionnaires engagés au service d’une administration publique haïtienne innovante et performante », a donné le ton d’une journée à la fois commémorative et prospective, où se sont conjugués reconnaissance, réflexion et engagement.

La cérémonie s’est ouverte sur une interprétation magistrale de l’hymne national par la chorale du CNMP, suivie d’un chant dédié aux fonctionnaires, conférant à l’instant une intensité quasi liturgique. Puis, dans un moment suspendu, la République a choisi d’honorer ses piliers : une cinquantaine de fonctionnaires, salués pour leur intégrité, leur persévérance et leur excellence, ont reçu certificats et médailles. Dans un pays en proie à des soubresauts institutionnels, ces figures incarnent la permanence de l’État et la solidité d’une administration souvent décriée, mais rarement abandonnée par ses plus fidèles acteurs.

Dans son allocution de circonstance, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a rappelé que sans les fonctionnaires, le service public serait un mythe, une fiction démocratique. « Le 23 juin nous rappelle que le fonctionnaire est le bras agissant de l’État. Sans lui, la continuité de l’administration ne serait qu’un vœu pieux », a-t-il affirmé. Rendant hommage à ces « citoyens en mission », il a souligné leur rôle dans la mise en œuvre des politiques publiques dans des domaines aussi fondamentaux que l’éducation, la santé, la justice, la sécurité ou l’environnement. Il a également rappelé que la fonction publique est, selon l’article 134 de la Constitution, l’instrument par lequel l’État concrétise ses missions, et a plaidé pour une administration moderne, créative, ouverte à l’innovation et réceptive aux attentes citoyennes.

Le chef du gouvernement a profité de la tribune pour annoncer des engagements clairs : renforcer la sécurité des agents publics, restaurer les infrastructures administratives, investir dans la formation continue et les outils numériques. Car pour lui, une administration performante est le socle d’un État crédible, et ce capital humain, trop souvent marginalisé, constitue la clef de voûte de toute ambition de réforme.

Prenant à son tour la parole, Madelin Fils-Aimé, Coordonnateur général de l’OMRH, a inscrit cette célébration dans une dynamique institutionnelle initiée en 2014. Pour lui, cette journée annuelle est plus qu’un rituel : elle est un rappel structurant du rôle de chaque agent public dans la consolidation de l’action administrative. Il a insisté sur l’importance de l’éthique et de la rigueur dans l’exercice de la fonction publique, soulignant que la performance collective s’ancre dans la responsabilité individuelle.

La parole a également été donnée aux fonctionnaires honorés, notamment à madame Stéphanie Saint-Louis, représentante du ministère de la Culture et de la Communication. Par des mots empreints de simplicité et de sincérité, elle a souligné que cet hommage individuel est en réalité dédié à l’ensemble de ses collègues, ces hommes et femmes discrets qui, loin des feux des projecteurs, incarnent chaque jour avec dévouement l’esprit de service et la noble grandeur silencieuse de l’État.

L’atmosphère, empreinte de solennité et d’une intensité artistique saisissante, a trouvé son expression la plus vibrante dans une performance percussive magistrale du Théâtre national. Jeunes danseurs aux costumes éclatants, chorégraphies d’une précision quasi mathématique, tambours grondants en écho profond : l’art s’est fait incarnation vivante de la mémoire collective. Cette célébration esthétique transcendait le simple spectacle pour devenir une véritable ode au labeur discret des fonctionnaires, rappelant avec force que servir l’État est aussi une mise en scène essentielle du bien commun, un engagement à la fois symbolique et tangible.

En clôture, une séance technique a réuni les directeurs des ressources humaines autour de thématiques stratégiques : audit de la paie, présence effective des agents, départs à la retraite. Une manière concrète de joindre la parole à l’action et d’inscrire la célébration dans une perspective de réforme durable et de transparence.