PORT-AU-PRINCE, mardi 24 juin 2025 (RHINEWS)- La vérité finit toujours par éclater, et en ce mois de juin 2025, elle apparaît avec une clarté qu’il devient difficile d’ignorer. L’échec répété des réunions du Conseil des ministres, en pleine urgence nationale, met en lumière une alliance politique et économique suspecte entre le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, trois membres influents du Conseil présidentiel de transition (CPT) – Smith Augustin, Louis Gérald Gilles et Emmanuel Vertilaire – et certains représentants du secteur privé. Ensemble, ils semblent œuvrer à maintenir le pays sous la coupe d’un système oligarchique profondément corrompu, au mépris de l’intérêt général.
Le blocage actuel n’est pas accidentel : il résulte d’une stratégie concertée. En se retranchant derrière des arguments de procédure, les protagonistes en question empêchent délibérément toute avancée gouvernementale, notamment sur des dossiers aussi urgents que la réforme du Code pénal. Pourtant, cette réforme, attendue depuis des années, est essentielle pour adapter notre droit aux réalités contemporaines et lutter efficacement contre l’impunité, qui est à la base du chaos quasi généralisé que connaît le pays.
Certains observateurs dénoncent un objectif politique clair : parvenir à une forme d’amnistie pour les terroristes de “Viv Ansanm”, responsables de violences, de terreur et de crimes graves contre la population. Cette démarche se ferait avec la complicité active de figures médiatiques influentes, dont l’agenda n’est plus d’informer, mais de protéger les puissants. Line Baltazar, cadre du PHTK, ne s’en était pas cachée : les discussions de coulisses visent avant tout à « négocier la paix » avec les auteurs mêmes du chaos.
Pendant ce temps, un silence gênant entoure des enjeux fondamentaux. Qui osera parler de ces quatre puissants hommes d’affaires qui contrôleraient plus de 59 % des crédits octroyés par les banques publiques ? Où sont les voix politiques exigeant que les banques privées paient enfin leur juste part d’impôts ? Ce silence sélectif en dit long sur les complicités à l’œuvre.
Il est tout aussi significatif de constater que ce même groupe s’oppose farouchement à l’adoption du nouveau Code pénal, qu’ils caricaturent à dessein pour mieux détourner le débat. Leur but n’est pas moral : il est stratégique. Empêcher la mise en place de règles claires qui limiteraient leur influence et renforceraient l’État de droit.
Plus inquiétant encore : plusieurs sources affirment que ces manœuvres visent à démanteler les maigres remparts encore debout contre la corruption et l’insécurité. Sont dans leur viseur le directeur de la Police nationale, accusé de freiner les gangs ; le directeur de l’ULCC, dont les rapports menacent de les exposer ; ou encore le directeur général des Douanes, trop curieux sur les circuits financiers opaques de certains opérateurs.
Il est temps d’appeler les choses par leur nom. Ce que vit Haïti n’est pas simplement une crise de gouvernance : c’est une tentative organisée de sabotage des institutions. Le pays n’a plus de gouvernement effectif, l’appareil d’État est paralysé, et les terroristes prospèrent dans ce vide politique.
Face à cette conspiration du silence et de l’inaction, il revient à la société civile, aux forces morales, aux médias responsables, mais aussi à la communauté internationale de ne pas détourner le regard. Haïti ne peut pas être livrée aux marchands d’influence. Il y a urgence à briser ce pacte de blocage avant que le pays ne bascule dans l’irréversible.

