Par Jude Martinez Claircidor
PORT-AU-PRINCE, jeudi 18 juin 2026 (RHINEWS)-
Dans les méandres de la diaspora haïtienne en France, il existe des visages qui portent Haïti non seulement dans leur cœur, mais aussi dans leur âme. Des jeunes femmes et des jeunes hommes qui, malgré la distance géographique, demeurent irrigués par la sève culturelle de leur terre d’origine. Parmi eux émerge aujourd’hui une étoile montante : Maëla, jeune Franco-Haïtienne de 21 ans, connue sous son nom d’artiste, KOLIBRIE.
Comme l’oiseau dont elle emprunte le nom, elle se distingue par sa grâce, son énergie et sa capacité à butiner les arts avec une étonnante liberté. Le chant, la peinture, la guitare, le piano, le montage vidéo : chez elle, la création semble être un langage naturel.
Un héritage sans doute reçu de sa mère, Marie Katellène Fleury, artiste jérémienne, chanteuse et danseuse, dont la voix a accompagné plusieurs productions musicales et qui continue de porter Haïti dans sa chair et dans ses combats.
Récemment encore, lors de la marche blanche organisée à Paris pour réclamer le retour de la paix en Haïti et la reprise des vols internationaux vers l’aéroport de Port-au-Prince, la voix de Marie Katellène s’est élevée parmi celles de la diaspora. Une voix relayée par celle de sa fille, KOLIBRIE, qui avait également prêté son talent à cette mobilisation citoyenne, témoignant ainsi d’un engagement artistique et affectif envers la terre de ses ancêtres.
Le parcours de la jeune artiste est celui d’une personnalité aux multiples facettes. Élève du collège Albert-Camus en Normandie, elle a fait ses premières armes vocales au sein de la prestigieuse chorale « Normandie », reconnue parmi les plus réputées de France. Deux années durant, elle y a appris la discipline, l’harmonie et l’exigence artistique qui nourrissent aujourd’hui son expression créative.
Pourtant, l’art occupe un horizon parmi d’autres. Étudiante en deuxième année d’audioprothèse, KOLIBRIE poursuit avec rigueur des études médicales. Une dualité fascinante entre science et création, entre précision clinique et liberté artistique. Mais lorsqu’on franchit le seuil de son domicile, ce ne sont ni les livres de médecine ni les instruments techniques qui accueillent le visiteur. Ce sont ses tableaux de peinture et sa guitare, témoins silencieux d’une passion qui refuse de s’effacer.
Haïti, elle la connaît aussi par l’expérience. Cinq fois déjà, elle a foulé la terre de ses ancêtres. Cinq voyages pour nourrir une relation intime avec un pays qui continue de façonner son imaginaire et sa sensibilité.
À l’heure où une vague d’enthousiasme et de ferveur patriotique traverse la diaspora haïtienne à l’approche du choc entre Haïti et le Brésil, prévu le 19 juin 2026 dans le cadre de la phase de groupes de la Coupe du monde, un rendez-vous historique qui consacre le retour des Grenadiers sur la scène mondiale après cinquante-deux ans d’absence, KOLIBRIE a choisi de célébrer cet instant d’exception à sa manière : par la musique.
Son titre « Ayiti Pap Pèdi » est un hymne à l’espérance et à la résilience. Une proclamation joyeuse et vibrante qui affirme qu’Haïti ne saurait être condamnée à l’échec. La chanson convoque la mémoire glorieuse de l’épopée de 1974, portée notamment par l’inoubliable Emmanuel Sanon, tout en saluant la génération actuelle emmenée par Johnny Placide, Ruben Providence, Duke Lacroix, Dukens Nazon et Lenny Joseph.
Musicalement, l’œuvre déploie une palette sonore riche et solaire. Les percussions y dialoguent avec les synthétiseurs dans un métissage audacieux où se rencontrent les accents du rara, les rythmes caribéens et certaines influences de la samba. KOLIBRIE en assure l’interprétation et l’arrangement, tandis que les mélodies et les paroles sont signées par sa mère, Marie Katellène Fleury. Une collaboration familiale qui prend ici la forme d’une transmission artistique et mémorielle.
À travers cette chanson, la jeune artiste célèbre une qualification sportive tout en portant un message d’espoir et de fierté. Elle chante un pays éprouvé mais debout, un peuple animé par la résilience et le courage, une nation dont les enfants, dispersés aux quatre coins du monde, font battre le cœur avec passion, fidélité et espérance.
À la veille de la rencontre Haïti-Brésil, RHINEWS invite ses lecteurs à découvrir cette œuvre lumineuse, portée par une voix nouvelle de la diaspora haïtienne, une voix qui murmure à sa manière cette certitude obstinée : Ayiti pap pèdi.
Écouter la chanson :
https://www.youtube.com/watch?v=x5DLvA8r_Pg

