PORT-AU-PRINCE, vendredi 3 juillet 2026 (RHINEWS)- Le Collectif des Enseignants pour la Nouveauté de l’Éducation en Haïti (CENEH) de Léogâne ainsi que les coordinations départementales du Sud-Est du CENEH et de l’Union nationale des normaliens et normaliennes d’Haïti (UNNOH) ont dénoncé, dans deux notes de presse publiées le 2 juillet, l’absence de mesures concrètes en faveur des enseignants et appelé le ministre de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle, Vijonet Déméro, à respecter les engagements pris par l’État dans le cadre de l’accord signé le 20 janvier 2025 avec les plateformes syndicales.
Les organisations estiment que le système éducatif haïtien traverse une crise profonde marquée par la dégradation continue des conditions d’enseignement. Elles affirment que de nombreux enseignants exercent toujours dans des établissements insuffisamment équipés, avec des rémunérations qu’elles jugent inadéquates, des retards de paiement et des difficultés administratives persistantes, malgré les engagements annoncés par les autorités.
Le CENEH de Léogâne reproche également au ministre une précédente déclaration selon laquelle aucune augmentation salariale des enseignants ne serait envisagée. Selon le collectif, cette position ne tient pas compte de la réalité quotidienne du personnel enseignant et compromet les efforts visant à redonner de l’attractivité à la profession.
Les syndicats dénoncent en outre le retard dans l’application de l’accord du 20 janvier 2025. Ils soutiennent que plusieurs engagements, notamment ceux relatifs à l’amélioration des conditions de travail, à la régularisation administrative des enseignants, au paiement des arriérés de salaire, à la nomination des enseignants qualifiés et à d’autres mesures prévues dans cet accord, n’ont toujours pas été exécutés.
« Les accords conclus entre le gouvernement et les organisations syndicales ne sauraient être considérés comme de simples déclarations d’intention. Ils engagent l’État et doivent être exécutés de bonne foi », déclarent les coordinations départementales du Sud-Est du CENEH et de l’UNNOH.
Le CENEH de Léogâne critique également les pratiques de nomination qu’il juge contraires aux principes de compétence, de mérite, de transparence et d’égalité des chances. Il appelle les autorités à instaurer un processus de recrutement ouvert et fondé sur les qualifications professionnelles afin de renforcer la crédibilité du système éducatif.
Les organisations demandent au ministre d’engager un dialogue avec les représentants du secteur, de mettre en œuvre l’intégralité de l’accord du 20 janvier 2025 et d’adopter un plan de revalorisation de la profession enseignante accompagné d’améliorations des conditions de travail dans les écoles publiques. Elles invitent également le Premier ministre et les autres autorités concernées à intervenir afin d’éviter une aggravation de la crise qui affecte l’école haïtienne.
Le CENEH de Léogâne prévient que si aucune réponse satisfaisante n’est apportée dans un délai qu’il juge raisonnable, il se réserve le droit d’organiser des mobilisations pacifiques dans la ville de Léogâne, conformément aux dispositions constitutionnelles et légales.
« Le temps des promesses est révolu. Les enseignants exigent des actes. Sauver l’école haïtienne passe d’abord par le respect et la valorisation de celles et ceux qui en sont les principaux piliers », affirme le collectif.
Les coordinations départementales du Sud-Est du CENEH et de l’UNNOH réaffirment, pour leur part, leur solidarité avec l’ensemble des enseignants du pays et annoncent leur intention de poursuivre les démarches syndicales et démocratiques qu’elles jugent nécessaires pour obtenir le respect des droits de la profession. Elles appellent enfin les organisations d’enseignants à préserver leur unité afin de défendre les intérêts du secteur et de contribuer au redressement du système éducatif haïtien.

