BANGKOK, jeudi 15 octobre 2026 (RHINEWS) – Le gouverneur de la Banque de la République d’Haïti (BRH), Ronald Gabriel, a plaidé pour un accès accru d’Haïti aux financements concessionnels et discuté du financement des petites et moyennes entreprises ainsi que du développement des paiements numériques, à l’occasion des Assemblées annuelles du Fonds monétaire international (FMI) et du Groupe de la Banque mondiale à Bangkok.
Dans un compte rendu de ses activités, le gouverneur indique que les échanges des deux premières journées ont porté sur une question centrale : « Comment mieux accompagner les entreprises haïtiennes et soutenir la reprise économique ? »
Ronald Gabriel participe aux assemblées, organisées du 12 au 18 octobre, à la tête d’une délégation comprenant Edwige Jean, membre du conseil d’administration de la BRH, et des cadres de la banque centrale.
Avec le ministre de l’Économie et des Finances, Serge Gabriel Collin, et leurs délégations respectives, il s’est entretenu avec Susana Cordeiro sur les moyens de faciliter l’accès des PME au crédit et de développer les paiements numériques.
« Pour les petits commerçants, pouvoir accepter un paiement électronique constitue une porte d’entrée vers les services financiers », a déclaré le gouverneur. Le projet de paiement marchand de la BRH s’inscrit dans cette démarche, a-t-il précisé, indiquant que sa phase pilote « devrait démarrer prochainement », sans annoncer de date.
Les discussions ont également porté sur l’accompagnement des réformes et les possibilités de coopération pour encadrer l’innovation financière. Les délégations haïtiennes ont notamment souligné « l’utilité d’une présence opérationnelle de la Banque mondiale à Port-au-Prince », selon le compte rendu.
Lors d’un entretien avec André Roncaglia, administrateur au FMI, les échanges ont concerné la prochaine étape de la coopération entre Haïti et l’institution. Ronald Gabriel a mis en avant les mesures de transparence prises par la banque centrale, notamment la publication de ses états financiers audités, estimant qu’elles « contribuent à asseoir ce dialogue ».
Au cours d’une intervention au G24, le 13 octobre, le gouverneur a défendu un financement du développement davantage adapté à la situation haïtienne. Selon les chiffres qu’il a présentés, les transferts de la diaspora représentent 15 % du produit intérieur brut, tandis que les appuis budgétaires et les dons ont diminué de plus de 80 % entre 2010 et 2025.
« L’enjeu est de mieux articuler ces contributions avec un appui multilatéral permettant de renforcer les institutions et de soutenir l’investissement productif », a-t-il expliqué.
La délégation haïtienne a ainsi plaidé pour « un accès accru aux ressources concessionnelles, notamment aux dons de l’IDA et aux mécanismes de réponse aux crises ». L’Association internationale de développement (IDA) est l’institution du Groupe de la Banque mondiale qui accorde des dons et des crédits concessionnels aux pays à faible revenu.
Le compte rendu ne fait état d’aucun engagement financier chiffré ni d’un calendrier de conclusion des discussions avec les partenaires multilatéraux.

