À Dubaï, le Forum économique mondial annonce un prix annuel d’un million de dollars pour l’IA au service des communautés…

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DUBAÏ, jeudi 15 octobre 2026 (RHINEWS) – Un programme doté d’un million de dollars par an pendant cinq ans pour soutenir des projets d’intelligence artificielle appliqués aux défis locaux a été lancé à Dubaï, où s’est achevée jeudi la première Réunion annuelle des dirigeants de l’avenir mondial, organisée par le Forum économique mondial (WEF) avec le gouvernement des Émirats arabes unis.

Du 13 au 15 octobre, la rencontre a réuni plus de 500 dirigeants et experts, dont 78 hauts responsables gouvernementaux et d’organisations internationales, ainsi que plus de 150 directeurs généraux et présidents d’entreprise, selon les organisateurs. Les travaux ont porté sur la croissance économique, la résilience, les transformations technologiques et les pratiques de direction.

Lancé par le gouvernement émirati et la communauté Global Shapers, le « Global Agentic AI Award and Innovation Challenge » invite les 500 antennes de ce réseau à concevoir des solutions aux problèmes de leurs communautés en utilisant l’IA agentique, capable d’exécuter des tâches et d’enchaîner des actions. Les premiers lauréats doivent être distingués lors de l’édition 2027 de la réunion.

Les discussions ont souligné les risques associés au déploiement de ces systèmes, notamment en matière de confiance, de responsabilité et de supervision humaine.

« Il est extrêmement facile de perdre la confiance, mais très difficile de la gagner lorsqu’il s’agit de systèmes d’IA agentique », a déclaré Omar Sultan Al Olama, ministre d’État émirati chargé de l’intelligence artificielle. « Si vous obtenez des gains de productivité, mais que vous causez du tort aux personnes, cela ne compte pas », a-t-il ajouté, estimant que ces outils doivent améliorer la qualité de vie.

Le Centre for Intelligent Future et l’Université Mohamed bin Zayed d’intelligence artificielle ont également élargi l’accès au programme « AI for All ». Celui-ci vise à former de jeunes dirigeants dans 100 villes aux usages pratiques de l’IA générative et agentique ainsi qu’à leur gouvernance, en privilégiant les régions où les possibilités de formation restent limitées.

Plusieurs publications ont accompagné les travaux. Selon le rapport « Unlocking Value: AI for Resilient Growth in MENA », l’intelligence artificielle pourrait générer plus de 1 000 milliards de dollars de valeur économique et de bénéfices liés à la durabilité au Moyen-Orient et en Afrique du Nord d’ici à 2030. Le document relève toutefois un écart entre le potentiel attribué à cette technologie et sa mise en œuvre.

Une autre étude, consacrée aux infrastructures des centres de données de très grande capacité dans cette région, estime que de nouvelles installations pourraient être raccordées au réseau électrique en deux à cinq ans, contre plus d’une décennie dans les marchés matures. Elle préconise une planification coordonnée et une adaptation de la réglementation pour maîtriser les besoins croissants en énergie et en eau.

Le WEF a également publié un cadre destiné à aider les décideurs à évaluer leur préparation aux technologies informatiques de nouvelle génération, notamment en matière d’infrastructures, de compétences, de souveraineté et de cybersécurité. Un autre rapport, consacré aux priorités des dirigeants pour 2027, appelle à renforcer la gouvernance, les investissements et la coopération en cybersécurité.

Sur le volet économique, les participants ont examiné les effets des perturbations de l’approvisionnement, de la hausse du coût des emprunts publics et des incertitudes internationales sur les entreprises.

« Nous voulons réduire les risques pour les entreprises afin qu’elles soient plus résilientes lorsque surviennent des chocs extérieurs », a déclaré Milojko Spajić, Premier ministre du Monténégro et coprésident de la rencontre. « Il faut réduire leurs coûts fixes pour qu’elles puissent mieux faire face à ce que la situation leur réserve. »

Des ateliers baptisés « Opportunity Labs » ont exploré les moyens d’accroître la productivité, d’améliorer les emplois et de renforcer la résilience au cours des dix prochaines années. Les échanges ont notamment porté sur l’éventuelle création d’un indice de résilience permettant de mesurer les progrès et d’orienter les capitaux vers l’adaptation climatique. Leurs conclusions doivent alimenter une prochaine synthèse intitulée « Future Leaders Outlook ».

Le WEF, le gouvernement émirati et la Dubai Future Foundation ont par ailleurs annoncé leur intention de créer un « Centre for Global Opportunities », destiné à élargir l’accès aux possibilités économiques et de développement pour les générations actuelles et futures.

Les travaux se sont appuyés sur l’enquête « Youth Pulse 2026 », qui recueille les perspectives de près de 4 600 jeunes dans 144 pays et territoires sur les enjeux économiques, politiques, technologiques, sociaux et environnementaux.

« Pour que l’avenir bénéficie réellement aux populations, nous devons partir de leur vie quotidienne et les associer à la conception et à la construction de la technologie elle-même », a déclaré Suhani Jalota, fondatrice et directrice générale de la Myna Mahila Foundation, en Inde. Elle a insisté sur la participation des personnes habituellement laissées à l’écart.

Dans une publication consacrée à l’économie de l’impact, le Forum indique que seuls 15 % des objectifs de développement durable disposant de données suffisantes suivent une trajectoire conforme aux cibles fixées. Prenant la santé comme cas d’étude, le rapport examine les moyens réglementaires, commerciaux et financiers de transformer des résultats sociaux mesurables en demande économique.

La question de l’eau a également figuré à l’ordre du jour, en amont de la Conférence des Nations unies sur l’eau de 2026 à Abou Dhabi. Un partenariat de deux ans entre le WEF et la Mohamed bin Zayed Water Initiative a été annoncé pour accélérer les solutions pratiques à la pénurie d’eau.

Concernant la formation des dirigeants, la réunion a lancé le « Leadership Commitment Framework », un outil d’autoévaluation élaboré par le Conseil mondial du futur sur le leadership et le Forum des Young Global Leaders. L’initiative « Future 20 » a, de son côté, mis en avant 20 jeunes du réseau Global Shapers engagés dans la technologie, la croissance économique, la résilience et la durabilité.

Le Forum a également annoncé l’adhésion du groupe émirati Apparel Group à l’Alliance mondiale pour les générations futures, qui rassemble déjà plus de 20 entreprises. Cette alliance entend renforcer les perspectives économiques des jeunes, alors que l’IA transforme les emplois de début de carrière. D’autres échanges ont porté sur la place des femmes dans les fonctions dirigeantes et l’équité dans le recrutement, les promotions et les technologies utilisées au travail.

« L’avenir ne devrait pas être régi par les présupposés d’hier », a déclaré Alois Zwinggi, président et directeur général du WEF. Selon lui, les participants ont testé des idées, lancé des initiatives et identifié des moyens de poursuivre les travaux après Dubaï.

Les conclusions de la rencontre doivent nourrir les activités du Forum tout au long de l’année ainsi que les discussions de sa réunion annuelle de 2027 à Davos. Des membres désignés comme « Fellows » du WEF, les Global Shapers et les Young Global Leaders doivent contribuer au suivi des initiatives annoncées.