Des mesures simples de prévention pourraient générer plus de 6 000 milliards de dollars d’économies d’ici 2040, selon le Forum économique mondial…

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DALIAN (Chine), mardi 23 juin 2026 (RHINEWS) – Des interventions peu coûteuses et faciles à mettre en œuvre, telles que l’installation d’équipements de sécurité dans les logements, la promotion de l’activité physique et l’amélioration de l’accès aux appareils auditifs, pourraient permettre d’éviter près de 400 millions de chutes domestiques, 8,5 millions de nouveaux cas de diabète de type 2 et 2,4 millions de cas de démence à l’échelle mondiale d’ici 2040, selon un rapport publié mardi par le Forum économique mondial (WEF).

Intitulée The Longevity Dividend: The Business Case for Linking Health and Wealth, l’étude, réalisée en collaboration avec le groupe Marsh, estime que ces mesures pourraient générer environ 5 800 milliards de dollars d’économies en dépenses de santé et 645 milliards de dollars de gains de productivité au cours des quinze prochaines années.

Le rapport repose sur une analyse menée dans 21 pays représentant différentes régions du monde et divers niveaux de développement économique. Les auteurs soutiennent que les politiques publiques continuent souvent de traiter séparément les questions de santé, de finances personnelles et de participation au marché du travail, limitant ainsi les bénéfices économiques potentiels d’une approche intégrée.

« La longévité ne consiste pas simplement à vieillir », a déclaré Haleh Nazeri, responsable de l’économie de la longévité au Forum économique mondial. « Exploiter cette transformation de plusieurs milliers de milliards de dollars nécessite que les gouvernements, les entreprises et les individus commencent à aborder conjointement la santé physique et la santé financière. »

Selon l’étude, les aménagements domestiques destinés à réduire les risques de chute représentent l’une des interventions les plus rentables. Des mesures simples comme la fixation des tapis, l’amélioration de l’éclairage des escaliers ou l’installation de barres d’appui pourraient prévenir près de 400 millions de chutes à domicile d’ici 2040. Le rapport estime que ces investissements, évalués à moins de 400 milliards de dollars à l’échelle mondiale, pourraient générer plus de 5 000 milliards de dollars d’économies cumulées en dépenses de santé.

Les chercheurs soulignent également que la prévention des chutes pourrait réduire les besoins en soins de longue durée et alléger les responsabilités de proches aidants, un rôle assumé de manière disproportionnée par les femmes. Le document estime que la réduction de ces charges pourrait préserver environ 363 milliards de dollars de revenus à vie et de sécurité financière qui seraient autrement perdus.

L’étude met également en avant le potentiel des programmes communautaires favorisant l’activité physique pour lutter contre le diabète de type 2. Selon les estimations du Forum économique mondial, ces initiatives, dont le coût varierait entre un et quarante dollars par personne, pourraient prévenir 8,5 millions de nouveaux cas de diabète d’ici 2040. Les bénéfices attendus sont évalués à plus de 125 milliards de dollars en gains de productivité et à 85 milliards de dollars d’économies en dépenses médicales.

La Chine apparaît comme le pays présentant le plus important potentiel dans ce domaine. Les auteurs estiment que les mesures de prévention du diabète pourraient y ajouter jusqu’à 16 millions d’années de vie en bonne santé pour les personnes âgées de 50 ans et plus.

L’accès aux appareils auditifs constitue le troisième axe majeur de prévention identifié par le rapport. S’appuyant sur des données de l’Organisation mondiale de la santé, l’étude indique que moins de 20 % des quelque 400 millions de personnes souffrant de déficience auditive dans le monde disposent actuellement d’un appareil auditif adapté.

Selon les chercheurs, l’élargissement de cet accès pourrait prévenir environ 2,4 millions de cas de démence d’ici 2040 et générer plus de 325 milliards de dollars d’économies pour les systèmes de santé. Les Pays-Bas figurent parmi les exemples cités, avec un potentiel estimé de plus de 8 000 cas de démence évités et près de 2 milliards de dollars d’économies pour le système de santé national.

Au-delà des bénéfices sanitaires, le rapport souligne les conséquences économiques des interruptions de carrière liées aux responsabilités familiales. Les auteurs estiment qu’une femme qui consacre une seule année aux soins d’un proche pourrait voir son épargne-retraite diminuer de 24 %, en raison de la combinaison du retrait temporaire du marché du travail et des écarts de rémunération entre les sexes.

« La longévité concerne chaque génération, chaque secteur d’activité et chaque économie », a déclaré Pat Tomlinson, président-directeur général de Mercer, une société du groupe Marsh. « Nos recherches montrent que lorsque les dirigeants agissent tôt et brisent les cloisonnements entre la santé, les finances et le travail, ils peuvent stimuler la croissance économique, améliorer le bien-être et créer une valeur durable pour les entreprises, les gouvernements et la société. »

Le Forum économique mondial estime que la concrétisation de ces bénéfices nécessitera une meilleure coordination des politiques de santé, d’emploi et de protection sociale, ainsi qu’une coopération accrue entre les secteurs public et privé afin de déployer à grande échelle les mesures de prévention identifiées.

Le rapport a été publié à l’occasion de la 17e Réunion annuelle des nouveaux champions, organisée du 23 au 25 juin à Dalian, en Chine, sous le thème « Innover à grande échelle », réunissant plus de 1 700 responsables politiques, chefs d’entreprise, universitaires et représentants de la société civile.