Trou-du-Nord : les autorités municipales s’engagent à libérer les abords de l’église Saint-Jean-Baptiste des marchands ambulants d’ici le 5 juin 2026…

L’Eglise Saint Jean-Baptiste de Trou-du-Nord, entourée de marchands ambulants…

TROU-DU-NORD, lundi 25 mai 2026 (RHINEWS)Les autorités municipales de Trou-du-Nord se sont engagées à mettre en œuvre, d’ici le 5 juin 2026, une opération visant à déloger les marchands ambulants installés autour de l’église Saint-Jean-Baptiste et dans plusieurs rues adjacentes de la commune, une mesure annoncée dans un contexte de fortes tensions liées à l’occupation anarchique de l’espace public et à la dégradation des conditions d’hygiène, de circulation et de sécurité urbaine.

Le curé de la paroisse Saint-Jean-Baptiste, le père Eldin Philibert, installé à la tête de la paroisse depuis le 30 janvier 2022, a confirmé l’existence de cet engagement pris par les autorités locales à l’issue de discussions avec les responsables religieux et communautaires. Dans une interview accordée à RHINEWS, il a expliqué que les autorités municipales ont fixé une échéance claire pour le retrait des installations commerciales occupant les abords de l’église catholique. « Exactement, c’est cet engagement-là que le maire a pris avec nous », a-t-il déclaré.

Selon le religieux, cette décision vise à répondre à une situation qu’il décrit comme devenue insoutenable dans plusieurs secteurs de la ville. Il affirme que les activités de vente informelle perturbent fortement la circulation, génèrent des nuisances sonores et aggravent l’insalubrité dans des espaces très fréquentés. « Les activités du marché génèrent énormément de déchets », a-t-il souligné, ajoutant que « lorsqu’ils terminent leurs activités, ils partent et laissent tout sur place ».

Le père Eldin Philibert indique que les abords de l’église sont régulièrement envahis par des amas d’ordures, obligeant la paroisse à mobiliser des bénévoles pour assurer le nettoyage des lieux. « Ce sont des personnes de bonne volonté qui se rendent disponibles pour laver, balayer et ramasser les détritus devant l’église », a-t-il précisé, tout en signalant que cette situation ne concerne pas uniquement l’église catholique, mais plusieurs autres espaces publics de la commune.

Le religieux estime que le phénomène dépasse largement le cadre de la paroisse Saint-Jean-Baptiste et touche désormais plusieurs quartiers de Trou-du-Nord, où l’expansion du marché informel rend certaines voies difficilement praticables pour les véhicules et les piétons. « Si vous passez devant l’église adventiste, devant l’église baptiste, jusqu’au secteur de Gad Champêtre, le marché continue de monter », a-t-il affirmé.

À quelques semaines de la fête patronale de Saint-Jean-Baptiste, célébrée le 24 juin, ces préoccupations prennent une dimension particulière dans cette commune du Nord-Est appelée à accueillir un important afflux de pèlerins, de visiteurs et de commerçants venus de plusieurs régions du pays. Fondée il y a 321 ans, la paroisse Saint-Jean-Baptiste demeure l’une des plus anciennes institutions religieuses de la région et constitue un symbole historique majeur pour la commune.

Diverses activités religieuses, culturelles et communautaires sont prévues dans le cadre de cette célébration patronale, considérée comme l’un des événements les plus importants de Trou-du-Nord. Les responsables religieux s’attendent à la participation de nombreux fidèles venant rehausser l’éclat de cette fête traditionnelle qui mobilise chaque année une importante partie de la population du Nord-Est.

Très accessible par voie routière et alimentée en électricité de manière continue depuis 2012, la commune s’est progressivement imposée comme un point de référence dans le département du Nord-Est. Sa position géographique stratégique, située entre plusieurs axes de circulation régionaux, contribue à faire de Trou-du-Nord un centre de convergence économique, commercial et social en pleine expansion.

Cependant, cette croissance démographique rapide et l’extension progressive de la ville mettent en évidence d’importants défis liés à l’aménagement urbain et à la qualité des services publics. Plusieurs observateurs estiment que la commune doit désormais être dotée d’infrastructures modernes capables de répondre aux besoins d’une population en constante augmentation. Parmi les priorités évoquées figurent l’amélioration du réseau routier, la mise en place d’un véritable service ambulancier, la création d’un corps de sapeurs-pompiers opérationnel ainsi que le renforcement des dispositifs d’intervention d’urgence.

Le père Eldin Philibert a également attiré l’attention sur les risques liés au développement anarchique de certaines zones urbaines et périurbaines, évoquant notamment l’absence de services publics essentiels. « Il y a un problème grave de pénétration et d’occupation anarchique des sites », a-t-il déclaré, estimant que plusieurs espaces sont construits « sans aucune planification et sans aucun service de pompiers ». Selon lui, en cas d’incident majeur, les conséquences pourraient être particulièrement graves pour les habitants et les zones avoisinantes.

La question de l’assainissement apparaît également comme l’un des principaux défis auxquels la municipalité devra faire face. L’accumulation des déchets, l’occupation désordonnée de certaines rues et l’absence d’un système efficace de gestion des ordures ménagères alimentent les inquiétudes de nombreux citoyens, particulièrement à l’approche des festivités patronales.

Des préoccupations sont également exprimées concernant l’urbanisation accélérée de la commune. Plusieurs habitants et acteurs communautaires plaident pour l’adoption et l’application rigoureuse d’un véritable code de construction afin de prévenir l’apparition de nouveaux quartiers précaires et de mieux encadrer l’expansion urbaine. L’extension de la ville est jugée inévitable en raison du poids démographique croissant, mais plusieurs intervenants estiment que cette croissance ne peut continuer à se faire dans le désordre.

La multiplication de constructions anarchiques, l’occupation illégale de certaines chaussées par des conteneurs et l’absence de contrôle dans l’aménagement de nouveaux espaces urbains sont régulièrement dénoncées par des riverains. Plusieurs voix réclament une implication plus soutenue de la mairie dans la planification urbaine, le contrôle des permis de construire, la protection des espaces publics et le respect des normes de sécurité.

Le père Eldin Philibert estime que les autorités municipales ont la responsabilité de garantir un environnement urbain plus sain et mieux organisé, tout en encourageant les citoyens à participer aux efforts d’assainissement et de préservation des infrastructures publiques. Selon lui, le développement moderne d’une ville repose autant sur l’action des pouvoirs publics que sur le comportement des habitants.

Le religieux a également exprimé ses inquiétudes quant au respect du délai annoncé par les autorités municipales pour le dégagement des rues occupées. « Il a clairement dit que ce serait pour le 5 juin », a-t-il insisté, rappelant que cette échéance est particulièrement importante à l’approche des cérémonies religieuses prévues durant le mois de juin, notamment les confirmations et les communions solennelles.

Dans le même temps, il affirme avoir reçu des assurances de la part des autorités locales et des responsables de la Police nationale concernant l’application des mesures annoncées. Toutefois, il estime que l’absence d’actions concrètes de l’État favorise le maintien du désordre urbain et renforce le sentiment d’impunité. « Nous sommes face à une absence très grave de l’autorité publique », a-t-il regretté.

Le prêtre a enfin appelé à une intervention rapide et coordonnée des autorités afin de garantir le respect de l’échéance du 5 juin 2026, qu’il considère comme une étape déterminante pour le rétablissement de l’ordre public, l’amélioration des conditions sanitaires et une meilleure organisation urbaine dans cette commune en pleine expansion du Nord-Est d’Haïti.