Tragédie de Kenscoff : l’UNNOH, le CENEH, la CUTRASEPH et le Jeune Barreau appellent à la démission du CSPN…

Charles Herold Civil, Josue Merilien, Esther Eloy et Jean Gardy Brutus, dirigeants de la Centrale Unitaire des Travailleurs des Secteurs Public et Privé d’Haïti (CUTRASEPH)...

PORT-AU-PRINCE, vendredi 28 août 2026 (RHINEWS)- L’Union nationale des normaliens haïtiens (UNNOH), le CENEH, la CUTRASEPH et le Jeune Barreau de Port-au-Prince ont appelé jeudi à la démission des membres du Conseil supérieur de la Police nationale (CSPN), qu’ils accusent de défaillance dans la protection de la population après le massacre survenu à Kenscoff dans la nuit du 23 au 24 août.

Dans une note de presse intitulée « Protestation et indignation », les organisations dénoncent une attaque attribuée à la coalition criminelle Viv Ansanm et affirment que plus d’une quarantaine de personnes ont été tuées. Elles évoquent également l’incendie de dizaines de maisons et le déplacement de nombreux habitants.

Les signataires estiment que cette tragédie ne constitue pas un événement imprévisible. Ils demandent notamment si les services de renseignement, le CSPN et le haut commandement des Forces armées d’Haïti avaient été informés de la préparation de l’attaque.

« Qu’est-ce qui explique l’inaction systématique des autorités publiques face à des alertes répétées ? », interrogent-ils, estimant que cette situation pourrait relever « soit d’une collusion criminelle, soit d’un abandon de fonction flagrant ».

Les organisations réclament la démission du Premier ministre, du ministre de l’Intérieur, du ministre de la Justice, du directeur général de la Police nationale d’Haïti (PNH), de l’inspecteur général en chef de la PNH ainsi que du haut état-major de l’armée.

Elles demandent également une « contre-offensive militaire et policière immédiate, coordonnée et soutenue » contre les groupes armés opérant à Kenscoff et dans les zones périphériques.

Sur le plan judiciaire, les signataires réclament l’ouverture d’une enquête « transparente » afin d’identifier d’éventuelles complicités au sein de la chaîne de commandement de l’État et de poursuivre les auteurs matériels et intellectuels du massacre.

Ils appellent par ailleurs les autorités à mettre en place une prise en charge humanitaire d’urgence pour les familles des victimes et les personnes déplacées, avec notamment un accompagnement psychologique et logistique.

Dans leur déclaration, les quatre organisations contestent également les réponses internationales à la crise haïtienne. Elles citent notamment une déclaration attribuée au représentant démocrate américain Gregory Meeks lors d’une audition de la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants, le 21 juillet 2026, selon laquelle « l’avenir d’Haïti ne doit pas être conçu à Washington, New York ou Genève ».

Les signataires soutiennent qu’une réponse durable à la crise passe par une nouvelle gouvernance politique, des institutions renforcées, une justice fonctionnelle ainsi qu’une réforme de la police et de l’armée.

Les organisations appellent à la mobilisation de la population. Les organisations invitent les Haïtiens à « se lever » contre ce qu’elles qualifient de « système de terreur » et réclament justice, réparation, souveraineté et la fin de l’impunité.