PORT-AU-PRINCE, vendredi 28 août 2026 (RHINEWS)- À l’occasion du sixième anniversaire de l’assassinat du bâtonnier de l’Ordre des avocats de Port-au-Prince, Monferrier Dorval, la Fondasyon Je Klere (FJKL) appelle les autorités haïtiennes à relancer l’enquête et à traduire en justice les auteurs et complices de ce crime.
Monferrier Dorval a été tué par balles le 28 août 2020, alors qu’il regagnait son domicile à Pétion-Ville. Professeur de droit constitutionnel et ancien bâtonnier, il avait consacré une partie de sa carrière à la défense de l’État de droit et à la formation de plusieurs générations d’avocats et de juristes.
Dans une déclaration rendue publique à l’occasion de cet anniversaire, la FJKL déplore l’absence, selon elle, de résultats judiciaires permettant d’identifier, d’appréhender et de juger les responsables de l’assassinat.
« L’absence d’efforts des autorités de l’État pour identifier, rechercher, appréhender, juger et sanctionner les auteurs de ce crime odieux est incompatible avec la lutte menée par ce grand défenseur des droits de tous et de chacun », affirme l’organisation.
La FJKL estime que la justice haïtienne doit établir les responsabilités dans cette affaire afin de contribuer à restaurer la confiance des citoyens dans les institutions judiciaires.
« La justice haïtienne a l’obligation de punir les responsables de ce crime pour imposer le respect et restaurer la confiance du public dans la justice de ce pays », soutient-elle.
L’organisation qualifie par ailleurs l’assassinat de Monferrier Dorval de « complot contre l’intelligence » et d’« attaque contre l’intégrité », estimant que ce crime constitue une victoire de « l’État profond contre les artisans du changement ».
La FJKL considère que l’absence de justice dans ce dossier soulève des interrogations plus larges sur le fonctionnement de l’appareil judiciaire haïtien, notamment sur la lutte contre l’impunité, la corruption et la capacité de l’État à faire appliquer les lois.
« Que vaut le système judiciaire haïtien si Monferrier Dorval ne trouve pas justice? Quelle confiance les citoyens peuvent avoir dans la justice si Monferrier Dorval ne trouve pas justice? », interroge l’organisation.
Elle s’interroge également sur la portée dissuasive des lois et sur le modèle offert à la jeunesse haïtienne si un universitaire et défenseur de l’État de droit comme Monferrier Dorval ne bénéficie pas, six ans après sa mort, d’une réponse judiciaire définitive.
À l’occasion de ce sixième anniversaire, la FJKL affirme vouloir se dresser « contre la banalisation du droit à la vie, la violence aveugle, l’intolérance et l’impunité ».
L’organisation demande aux autorités judiciaires d’« activer l’enquête » et de rechercher les auteurs et complices présumés afin que la lumière soit faite sur les circonstances de l’assassinat.
Elle réclame que cette vérité soit établie dans le cadre d’un « procès public, oral et contradictoire », assorti des garanties d’un procès juste et équitable, notamment du respect des droits de la défense et du droit de la société à connaître la vérité.
« Non à l’impunité! Oui à la justice! », conclut la FJKL, par la voix de son président, Me Samuel Madistin.
Six ans après les faits, l’assassinat de Monferrier Dorval demeure ainsi présenté par l’organisation de défense des droits humains comme un test majeur pour la justice haïtienne et sa capacité à combattre l’impunité.

