États-Unis : l’administration Trump prévoit de verser 725 millions de dollars au budget ordinaire de l’ONU…

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NEW YORK, jeudi 27 août 2026 (RHINEWS)– L’administration du président américain Donald Trump a informé le Congrès de son intention de verser 725 millions de dollars au budget ordinaire des Nations unies, une contribution destinée à réduire une partie des arriérés américains envers l’organisation, confrontée à une grave crise de liquidités.

Le département d’État américain avait formalisé cette décision dans une lettre datée du 4 août, selon laquelle Washington prévoit d’engager cette somme au titre du budget ordinaire de l’ONU. Le versement reste toutefois lié, selon des responsables américains cités par Reuters, à la poursuite de réformes visant notamment à réduire les coûts de fonctionnement de l’organisation.

Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a déclaré jeudi qu’il s’attendait à ce que la contribution américaine soit effectuée « très bientôt ». « Selon les informations que nous avons reçues, cela se fera très bientôt », a-t-il indiqué à la presse.

La somme annoncée ne couvre toutefois qu’une partie des arriérés américains. L’ONU estime que les États-Unis lui doivent plus de 5 milliards de dollars au total, dont environ 2,04 milliards de dollars au titre du budget ordinaire, selon les données communiquées en mai. Washington conteste le montant global avancé par l’organisation et estime sa dette à un niveau inférieur.

Une partie des fonds américains reste par ailleurs retenue pour des raisons politiques. L’administration Trump a notamment réduit ou suspendu certaines contributions aux organismes des Nations unies, en invoquant des désaccords sur leur fonctionnement et leurs politiques, ainsi que ce que Washington considère comme des positions hostiles à Israël.

La crise financière de l’ONU intervient après plusieurs années d’accumulation d’arriérés de contributions des États membres. En janvier, António Guterres avait averti que l’organisation risquait un « effondrement financier imminent » si les États ne réglaient pas leurs contributions ou si les règles financières de l’institution n’étaient pas profondément réformées. Il avait notamment prévenu que les réserves de trésorerie pourraient devenir insuffisantes pour assurer normalement le paiement des salaires, des fournisseurs et le fonctionnement des opérations de l’organisation.

Les États-Unis constituent traditionnellement le principal contributeur au financement obligatoire de l’ONU. La Chine, deuxième contributeur, est également confrontée à des arriérés, ce qui accentue les difficultés de trésorerie de l’organisation.

Pour répondre à cette situation, l’ONU a engagé le programme de réforme « UN80 », destiné à réduire les coûts, rationaliser les structures et revoir certaines méthodes de fonctionnement. Le budget du Secrétariat pour 2026 a ainsi été réduit de 9,2 %, selon un responsable de l’ONU chargé du programme.

Les réformes prévoient également une réorganisation géographique des effectifs. Plus de 2.300 postes doivent être déplacés de sites considérés comme coûteux vers des lieux où les coûts de fonctionnement sont moins élevés. L’ONU indique également avoir réduit de 21 % le nombre de postes prévus dans le budget révisé du Secrétariat pour 2026, tout en précisant que cette réduction ne correspond pas nécessairement à autant de suppressions d’emplois, certaines fonctions ayant été réaffectées.

Le versement américain intervient alors que Washington réclame depuis plusieurs mois une transformation du fonctionnement des Nations unies. L’administration Trump affirme que les réformes engagées constituent une condition importante pour le maintien ou la reprise de certains financements.

En l’absence de paiements supplémentaires, les États-Unis pourraient également être confrontés à la question de leur droit de vote à l’Assemblée générale, les règles de l’ONU prévoyant des restrictions pour les États ayant accumulé d’importants arriérés de contributions.

La contribution annoncée constitue ainsi un apport significatif à court terme pour la trésorerie de l’organisation, mais ne règle pas l’ensemble du problème financier. L’ONU devra continuer à compter sur les paiements des États membres et sur la mise en œuvre de ses mesures de réduction des dépenses pour éviter une nouvelle aggravation de sa crise de liquidités.