NEW YORK, lundi 22 septembre 2025 (RHINEWS) – Les États-Unis, le Kenya et les autorités haïtiennes ont lancé lundi un appel conjoint pour la création d’une nouvelle force internationale plus « robuste » afin de contrer l’emprise persistante des gangs en Haïti, estimant que la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MMS) a atteint ses limites.
« Lorsque nous sommes arrivés en Haïti, l’aéroport était entouré par les gangs. Aujourd’hui, il fonctionne parfaitement », a déclaré le président kényan William Ruto, dont le pays dirige la mission depuis 15 mois avec l’aval du Conseil de sécurité des Nations Unies. Il a toutefois reconnu que la MMS, affaiblie par le manque de moyens, « n’opère qu’à 40 % de ses capacités ». Sur les 2.500 policiers initialement prévus, moins de 1.000 sont effectivement déployés, avec des véhicules défectueux et un soutien international limité. « On ne peut pas dépendre de la charité. Les financements doivent être prévisibles », a insisté M. Ruto, plaidant pour une mission mieux dotée en ressources et en logistique.
Le sous-secrétaire d’État américain Christopher Landau a averti que « Haïti est à la croisée des chemins » et a plaidé pour la transformation de la MMS en une Force de répression des gangs (FRG) de 5.500 membres, autorisée par le Conseil de sécurité sous le Chapitre VII de la Charte des Nations Unies. « C’est maintenant qu’il faut agir. Le peuple haïtien ne peut pas attendre », a-t-il martelé, en appelant les États membres à soutenir le projet de résolution soumis par Washington et Panama. Cette force, selon lui, aurait pour mandat de « cibler les gangs, restaurer la sécurité et sécuriser les infrastructures essentielles », et serait épaulée par un Bureau d’appui des Nations Unies en Haïti.
De son côté, le président du Conseil présidentiel de transition haïtien, Laurent Saint-Cyr, a lancé un « appel solennel » pour qu’aucun vide sécuritaire ne s’installe après la fin du mandat de la MMS le 2 octobre. « Haïti ne peut et ne pourra faire face seule à cette crise sécuritaire alimentée par des réseaux criminels transnationaux », a-t-il souligné. « Une interruption serait fatale pour Haïti », a-t-il averti, en exhortant la communauté internationale à garantir la continuité de l’engagement.
Au-delà des constats, Washington, Nairobi et Port-au-Prince convergent sur une même urgence : éviter que les avancées fragiles obtenues ne soient anéanties. « L’heure n’est plus aux promesses mais à l’action », ont-ils prévenu, alors que le Conseil de sécurité doit trancher dans les prochains jours sur l’avenir de l’assistance internationale à Haïti.

