PARIS, jeudi 25 septembre 2025 (RHINEWS) – L’ancien président français Nicolas Sarkozy a été condamné jeudi par le tribunal correctionnel de Paris à cinq ans d’emprisonnement pour association de malfaiteurs dans l’affaire des soupçons de financement libyen de sa campagne présidentielle victorieuse de 2007. La peine est assortie d’un mandat de dépôt différé et de l’exécution provisoire : le parquet convoquera l’ex-chef de l’État dans le mois pour lui notifier sa date d’incarcération, même en cas d’appel.
La présidente du tribunal, Nathalie Gavarino, a estimé que Nicolas Sarkozy, « en tant que ministre et président de l’UMP », avait « laissé ses proches collaborateurs et soutiens politiques – sur lesquels il avait autorité – solliciter les autorités libyennes afin d’obtenir ou tenter d’obtenir des financements » entre 2005 et 2007. Relaxé des chefs de corruption et de financement illégal de campagne, il n’en demeure pas moins reconnu coupable pour la période antérieure à son élection du 15 mai 2007, date à laquelle l’immunité présidentielle s’est appliquée.
Ses proches collaborateurs ont également été jugés : Claude Guéant a été condamné pour corruption passive et faux, Brice Hortefeux pour association de malfaiteurs, tandis qu’Éric Woerth, trésorier de la campagne de 2007, a été relaxé. Thierry Gaubert a, lui, bénéficié de l’extinction de l’action publique.
Cette condamnation s’ajoute à un passif judiciaire déjà lourd pour l’ancien président. En mars 2021, Nicolas Sarkozy avait été condamné à trois ans de prison, dont un ferme, dans l’affaire dite des « écoutes », pour corruption et trafic d’influence. Cette décision a été confirmée en appel en 2023 et validée en 2024 par la Cour de cassation, ouvrant la voie à un aménagement de peine sous bracelet électronique.
Quelques mois plus tard, en septembre 2021, il avait de nouveau été condamné à un an de prison ferme dans l’affaire Bygmalion, liée au dépassement massif des dépenses de sa campagne présidentielle de 2012. Cette condamnation a été confirmée en appel en février 2023, renforçant le statut inédit de Nicolas Sarkozy comme premier président de la Ve République à cumuler plusieurs peines de prison ferme.
Désormais frappé d’une troisième condamnation majeure, Nicolas Sarkozy continue de nier toute responsabilité. « Il n’y a aucune preuve, pas un centime libyen, pas le début d’un commencement de financement », a-t-il martelé au procès, dénonçant des accusations « infondées » et une justice qu’il accuse d’acharnement.
Cette succession de jugements place l’ancien chef de l’État dans une situation judiciaire sans précédent pour un président français, ternissant encore un peu plus l’image de celui qui, de 2007 à 2012, fut à la tête de la République.

