PORT-AU-PRINCE, jeudi 4 décembre 2025 (RHINEWS)- L’Office de la Protection du Citoyen (OPC) a adressé une correspondance au Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé pour l’alerter sur la dégradation aiguë de la sécurité dans plusieurs communes du département de l’Artibonite, évoquant une situation de “chaos profond” selon les termes du communiqué.
L’institution nationale de défense des droits humains affirme vouloir attirer “la très haute attention” du chef du gouvernement sur les violences sévissant à Saint-Marc, Montrouis et Pont-Sondé. L’OPC y décrit des zones où “les groupes armés terrorisent la population, prennent des familles en otage, assassinent, enlèvent des citoyens et commettent des violences, notamment sexuelles, en toute impunité”.
Agissant en référence à l’article 12 de la loi du 20 novembre 1994 portant création de la Police nationale d’Haïti, l’OPC rappelle que “le Conseil supérieur de la Police nationale est l’organe compétent pour définir la politique et les stratégies nationales” en matière de missions policières. L’organisation interpelle ainsi le Premier ministre en sa qualité de président du Conseil supérieur de la PNH, lui demandant de “prendre des mesures urgentes afin de porter secours à ces citoyens livrés à eux-mêmes”.
L’OPC souligne également que “de nombreuses familles signalent la disparition de leurs proches dont on ne retrouve aucune trace”, malgré des recherches entreprises “dans les centres hospitaliers, les établissements pénitentiaires” ou encore des déclarations aux commissariats. L’institution note qu’en parallèle, “plusieurs médias en ligne ainsi que des citoyens dans des émissions à libre tribune dénoncent un phénomène qui serait lié au trafic d’organes humains”, une allégation qualifiée de “grave” mais qui “n’a pu être vérifiée en l’absence d’enquête officielle”.
L’OPC demande en ce sens que le Premier ministre instruise les autorités compétentes, conformément à l’article 7.12 de la loi sur la Police nationale, afin de “diligenter une enquête visant à clarifier la véracité des dénonciations susmentionnées”.

