Le « roi » du gang haïtien 400 Mawozo condamné à la prison à vie pour la prise d’otage de 16 missionnaires américains, selon un communiqué du Département de la Justice américain …

photo: courtoisie PNH: Germine Joly alias Yonyon, chef du gang 400 Mawozo...

WASHINGTON, mercredi 3 décembre 2025 (RHINEWS)- Joly Germine, 34 ans, originaire de Croix-des-Bouquets en Haïti, a été condamné à la prison à vie sans possibilité de libération surveillée pour son rôle dans l’enlèvement en 2021 de 16 citoyens américains, dont cinq enfants, selon un communiqué publié mercredi par le Département de la Justice américain. Le texte précise que les victimes, membres de l’organisation Christian Aid Ministries, revenaient d’un orphelinat lorsqu’elles ont été enlevées en octobre 2021.

Selon le communiqué, Germine, également connu sous le nom de « Yonyon » et présenté comme l’ancien chef et « roi » du gang haïtien 400 Mawozo, avait été reconnu coupable le 16 mai à l’issue d’un procès de dix jours à Washington. Il a été condamné pour complot en vue de commettre une prise d’otage et pour 16 chefs de prise d’otage d’un ressortissant américain contre rançon. Le juge John D. Bates a aussi ordonné le paiement d’une amende de 1 700 dollars.

« Le groupe de missionnaires comprenait 12 adultes et cinq très jeunes enfants, dont un bébé de 8 mois », a déclaré la procureure américaine Jeanine Ferris Pirro, citée dans le communiqué. « Cette sentence montre clairement que le plan de Germine d’utiliser des chrétiens comme otages pour obtenir sa libération s’est retourné contre lui. »

Le communiqué rappelle que Germine avait déjà plaidé coupable pour son rôle dans un réseau de trafic d’armes alimentant 400 Mawozo en violation des lois américaines sur les exportations, ainsi que pour blanchiment d’argent issu d’autres enlèvements. Pour ces faits, il avait été condamné en juin 2024 à 35 ans de prison fédérale.

D’après les documents judiciaires cités dans le communiqué, le gang 400 Mawozo opérait dans la zone de Croix-des-Bouquets, à l’est de Port-au-Prince. Germine en dirigeait les opérations depuis sa cellule, utilisant des téléphones portables non surveillés pour rester en contact permanent avec les autres chefs du gang, dont plusieurs étaient des membres de sa famille. Il contrôlait les finances, fournissait les armes et supervisait les opérations.

Le 16 octobre 2021, 17 missionnaires mennonites de Christian Aid Ministries, basée dans l’Ohio, ont été interceptés par des hommes armés et masqués du gang. « Beaucoup avaient des armes fournies par Germine », selon le communiqué. Les ravisseurs ont conduit les missionnaires dans un champ, les ont dépouillés tout en échangeant par téléphone avec Germine, puis les ont déplacés dans un bâtiment rural où ils ont été détenus sous la menace d’armes. Le gang a exigé une rançon d’un million de dollars par otage.

Toujours selon le communiqué, le gang a publié des menaces sur les réseaux sociaux affirmant qu’il exécuterait les otages si la rançon n’était pas payée. Les dirigeants de 400 Mawozo proposaient également un échange : la libération de Germine contre celle des otages.

Le 20 novembre 2021, deux otages ont été relâchés en raison de graves problèmes de santé. Le 5 décembre, trois autres — deux adultes souffrant de problèmes médicaux et un enfant de six ans — ont été libérés après le versement de 350 000 dollars. Le communiqué précise toutefois que, sur instruction de Germine, le gang a refusé de libérer les autres otages malgré le paiement reçu, espérant obtenir sa libération de prison.

Le 16 décembre 2021, les derniers otages se sont échappés « sous le couvert de l’obscurité », marchant pendant cinq heures dans la brousse jusqu’à sortir du territoire contrôlé par le gang. Ils ont ensuite été pris en charge par le FBI, déployé en Haïti pour organiser leur transport immédiat hors du pays. La plupart des otages ont été détenus pendant 62 jours.

Selon le communiqué, les preuves présentées au procès démontraient que Germine avait dirigé l’enlèvement initial, organisé les lieux de détention et fixé une rançon totale de 17 millions de dollars — un montant qu’il savait impossible à payer — dans l’espoir d’obtenir des négociations pour sa libération.

L’enquête a été menée par le FBI, avec l’appui de l’ATF et de multiples agences américaines et partenaires. Le communiqué souligne également l’aide « précieuse » fournie par les gouvernements haïtien et dominicain, ainsi que par les services diplomatiques américains. Le dossier a été poursuivi par les procureurs fédéraux Karen P. Seifert et Thomas N. Saunders, avec l’assistance de plusieurs spécialistes et coordinateurs de soutien aux victimes.