L’ONU dénonce la dégradation sécuritaire en Haïti après une attaque meurtrière attribuée au gang « Gran Grif » dans l’Artibonite…

Antonio Guterres, secretaire general de l'OMU...

NEW-YORK, mardi 31  mars 2026 (RHINEWS)- Le Secrétaire général de l’Organisation des Nations unies, António Guterres, a fermement condamné une attaque attribuée au gang « Gran Grif » survenue dans le département de l’Artibonite, illustrant selon lui la gravité de la crise sécuritaire en Haïti.

D’après des informations de presse relayées par l’ONU, l’attaque aurait été perpétrée dans la nuit de samedi à dimanche dans une localité située au nord-ouest de la capitale, Port-au-Prince. Le bilan provisoire fait état d’au moins 16 morts, bien que les estimations varient sensiblement.

S’exprimant lors d’un point de presse lundi, le porte-parole du Secrétaire général, Stéphane Dujarric, a souligné que « les estimations concernant le bilan des victimes varient, allant de 10 à 80 morts ». Il a ajouté que « cette attaque souligne la gravité de la situation sécuritaire à laquelle est confrontée la population haïtienne ».

Le chef de l’ONU a également appelé à une réponse judiciaire, exhortant « les autorités haïtiennes à mener une enquête approfondie » afin de faire la lumière sur ces violences.

La mission politique des Nations unies en Haïti, le Bureau intégré des Nations unies en Haïti, « suit de près l’évolution de la situation et demeure pleinement engagée auprès des partenaires nationaux », selon le porte-parole.

Cette attaque intervient dans un contexte de violences persistantes liées aux groupes armés. Haïti est confronté depuis plusieurs années à une insécurité chronique marquée par des meurtres, viols, pillages et enlèvements commis par des gangs.

Un récent rapport du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme indique que les violences impliquant des gangs et les opérations menées contre ces groupes ont fait plus de 5 500 morts entre mars 2025 et la mi-janvier 2026.

Au cours des douze derniers mois, ces violences se sont étendues au-delà de la capitale, gagnant notamment les départements de l’Artibonite et du Centre. Selon le HCDH, cette progression a permis aux groupes armés de « consolider leurs axes stratégiques » et de maintenir leur contrôle sur des routes de trafic maritimes et terrestres essentielles à leur financement et à leurs opérations.