Haïti/massacre : la POHDH dénonce l’inaction des autorités après un massacre de plus de 70 personnes dans l’Artibonite…

Symbole de justice/image d'illustration...

PORT-AU-PRINCE, mardi 31 mars 2026 (RHINEWS)- La Plateforme des organisations haïtiennes des droits humains (POHDH) a dénoncé, dans une note rendue publique mardi, le comportement des autorités face à la recrudescence des violences armées, tout en exprimant sa solidarité avec les victimes d’un massacre survenu dans le département de l’Artibonite.

Selon l’organisation, des membres de la base criminelle « Gran Grif » opérant à Savien ont mené des attaques meurtrières dans la nuit du 29 au 30 mars 2026 contre des populations civiles dans plusieurs localités, notamment dans la première section de Jandeni, la deuxième section de Pont-Benoît dans la commune de Petite-Rivière de l’Artibonite, ainsi que dans la troisième section de Roje. La POHDH affirme avoir appris « ak anpil endiyasyon zak sasinay baz kriminèl Gran Grif nan Savyen fè sou moun », exprimant ainsi sa vive indignation face à ces actes.

D’après les premières informations relayées par la plateforme, « kriminèl yo sasinen plis pase 70 moun, blese yon latriye lòt, mete dife nan anpil kay », précisant que de nombreux habitants ont été contraints de fuir vers des zones reculées pour échapper aux violences. L’organisation souligne que cette situation contribue à aggraver le nombre de personnes déplacées dans la vallée de l’Artibonite, vivant « san garanti pwoteksyon sou lavi ak byen yo ».

La POHDH condamne fermement l’attitude des autorités, estimant que « konpòtman otorite yo douvan zak vyolans yo » est inacceptable dans un contexte de détérioration continue de la sécurité, particulièrement dans les départements de l’Ouest et de l’Artibonite. Elle considère que « sitiyasyon vyolans jeneralize sa a se rezilta ajisman otorite yo ki pa janm montre volonte pou konbat ensekirite tout bon vre ».

L’organisation s’interroge également sur les intérêts sous-jacents à cette spirale de violence, évoquant « enterè ekonomik ak politik divès gwoup ki kache dèyè zak vyolans ak laterè » dans la vallée de l’Artibonite. Elle rappelle l’importance stratégique de cette région pour l’agriculture nationale, historiquement considérée comme le principal grenier du pays. « Jouk nan lane 2013 yo, divès òganizasyon entènasyonal te estime 80% diri kap pwodwi nan peyi a fèt nan Vale a sou 28 000 ekta », souligne la note, ajoutant qu’entre 2019 et 2023, la production rizicole a chuté d’environ 50 % en raison des violences des gangs.

La POHDH rappelle que depuis environ six ans, les groupes armés, notamment « Gran Grif » à Savien et « Kokorat San Ras » à La Croix-Périsse, multiplient les exactions contre les populations locales, incluant assassinats, viols, vols de bétail et de récoltes, déplacements forcés et rançonnage. Ces violences, selon elle, ont contribué à aggraver la précarité, dans un contexte où « plis pase 50% moun ki nan grangou ».

La plateforme adresse « senpati ak solidarite » à toutes les familles endeuillées, aux blessés et aux personnes déplacées, ainsi qu’à l’ensemble de la population de l’Artibonite vivant sous une menace constante. Elle rappelle que la protection des citoyens et la sécurisation du territoire relèvent des obligations fondamentales de l’État, conformément à la Constitution haïtienne et aux engagements internationaux du pays en matière de droits humains.