L’ONU presse Israël d’abroger une loi controversée sur la peine de mort touchant presque uniquement des Palestiniens…

Volker Türk, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk...

GENÈVE, mardi 31 mars 2026 (RHINEWS)- Le Haut‑commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a demandé mardi à Israël de revenir sur une loi adoptée la veille par le Parlement israélien instaurant la peine de mort dans des conditions qui, selon lui, s’appliquent « presque exclusivement aux Palestiniens ». 

La Knesset a approuvé lundi une loi rétablissant la peine de mort par pendaison pour les personnes reconnues coupables d’attaques mortelles contre des Israéliens, principalement des Palestiniens jugés par des tribunaux militaires en Cisjordanie. Le texte, qui fait de l’exécution la peine par défaut et impose qu’elle soit exécutée dans un délai de 90 jours après la condamnation, suscite une vive controverse internationale. 

Interrogé sur ce texte, Volker Türk a déclaré : « Il est profondément décevant que ce projet de loi ait été approuvé par la Knesset. Il est manifestement incompatible avec les obligations d’Israël en droit international, notamment en ce qui concerne le droit à la vie. Il soulève de graves préoccupations sur les violations du procès équitable, est profondément discriminatoire et doit être rapidement abrogé. » 

Le responsable onusien a souligné que plusieurs éléments de la loi, notamment l’exécution obligatoire dans un délai strict et l’absence de possibilité de pardon, étaient contraires aux normes du droit international humanitaire. 

Adoptée par 62 voix contre 48, la loi était portée par des élus de la coalition gouvernementale israélienne, déclenchant des réactions de condamnation de plusieurs pays européens et d’organisations de défense des droits humains qui jugent le texte discriminatoire. 

Israël n’a pas appliqué la peine capitale depuis l’exécution du criminel de guerre nazi Adolf Eichmann en 1962. Le gouvernement israélien soutient que la mesure vise à dissuader les attaques meurtrières et relève de sa souveraineté pour fixer ses lois et sanctions.