Le Venezuela engage son retrait de la Cour pénale internationale en dénonçant un « parti pris géographique »

Drapeau du Veneuela...

CARACAS, samedi 25 juillet 2026 (RHINEWS) – Le gouvernement vénézuélien a annoncé le lancement de son retrait définitif de la Cour pénale internationale (CPI), en notifiant officiellement au secrétaire général des Nations unies sa décision de dénoncer le Statut de Rome. Caracas affirme que la juridiction internationale concentre de manière disproportionnée ses actions sur les pays africains et latino-américains et dénonce une justice internationale qu’il juge politisée.

Le ministre vénézuélien des Affaires étrangères, Félix Plasencia, a indiqué que cette décision a été prise sur instruction de la présidente par intérim, Delcy Rodríguez, et communiquée au secrétaire général de l’ONU, António Guterres, conformément à l’article 127 du Statut de Rome. Le gouvernement qualifie cette démarche de décision « ferme et irrévocable ».

Dans un communiqué, le chef de la diplomatie vénézuélienne affirme que la Cour pénale internationale fait preuve d’un « parti pris géographique » en concentrant « de manière disproportionnée » son action sur les pays d’Afrique et d’Amérique latine, « au détriment du Sud global ». Il estime que « ce schéma révèle une justice internationale qui, loin de s’appliquer avec équité, a été instrumentalisée pour approfondir les inégalités entre les peuples et méconnaître leur droit à l’autodétermination et à la souveraineté ».

Selon Félix Plasencia, ce « parti pris » ne constitue « pas une simple coïncidence procédurale », mais « le reflet d’une institution qui a mis ses mécanismes au service d’intérêts étrangers à la justice et aux peuples qu’elle prétend protéger ». Il ajoute : « Nous rejetons cette dimension du lawfare, qui perpétue la persécution contre le peuple vénézuélien et aggrave les inégalités que la justice internationale devrait corriger. »

La Cour pénale internationale a rappelé que le retrait d’un État partie ne prend effet qu’un an après la réception de la notification officielle par les Nations unies. Durant cette période, le Venezuela demeure lié par les obligations prévues par le Statut de Rome, notamment en ce qui concerne la coopération avec les enquêtes et procédures déjà engagées.

Le Venezuela fait l’objet d’une enquête de la CPI sur des allégations de crimes contre l’humanité commis depuis 2017. Une enquête formelle a été ouverte en 2021 par le procureur de l’époque, Karim Khan, à la suite d’un examen préliminaire portant sur des accusations de tortures, de détentions arbitraires et d’autres violations présumées des droits humains. Les autorités vénézuéliennes ont toujours contesté cette procédure.

Cette décision intervient plusieurs mois après que le Parlement vénézuélien a adopté une loi abrogeant l’adhésion du pays au Statut de Rome, ouvrant la voie à son retrait de la juridiction internationale. Selon les autorités, le Venezuela demeure attaché à une justice internationale « véritablement équitable », respectueuse de la souveraineté et du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.