Le RNDDH appelle au transfert de Joseph Félix Badio aux États-Unis pour y être jugé dans l’affaire Moïse…

Pierre Esperance, Directeur executif du RNDDH...

PORT-AU-PRINCE, mardi 21 avril 2026 (RHINEWS)-  Pierre Espérance, directeur exécutif du Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH), a appelé au transfert de Joseph Félix Badio vers les États-Unis afin qu’il y soit jugé pour son rôle présumé dans l’assassinat de l’ancien président haïtien Jovenel Moïse.

Dans une déclaration publique, M. Espérance a estimé qu’un tel transfert permettrait de faire avancer la manifestation de la vérité dans un dossier qui demeure partiellement élucidé en Haïti. « Nous pensons que Joseph Félix Badio doit être transféré aux États-Unis afin d’y être jugé pour son rôle présumé dans l’assassinat », a-t-il déclaré.

Il a évoqué les procédures judiciaires en cours aux États-Unis, où plusieurs personnes ont déjà plaidé coupable ou ont été condamnées dans le cadre de l’attaque du 7 juillet 2021. Selon lui, des témoignages recueillis devant la justice américaine mentionnent à plusieurs reprises le nom de Badio comme un acteur central de la planification de l’opération. « Les témoignages produits devant la justice américaine ont mis en évidence l’importance du rôle de Badio dans la planification et l’exécution du crime », a-t-il ajouté.

Le directeur du RNDDH a également exprimé des préoccupations quant à l’avancement de la procédure judiciaire en Haïti. « Le dossier est toujours pendant devant les juridictions haïtiennes et l’enquête n’est pas encore complétée », a-t-il indiqué, appelant à davantage de transparence et de reddition de comptes.

M. Espérance a insisté sur la nécessité de faire toute la lumière sur les différents aspects de l’affaire, notamment l’identification des commanditaires et des circuits de financement. « Il est essentiel que la lumière soit faite sur les auteurs intellectuels, les transactions financières impliquées et les mobiles de cet assassinat », a-t-il déclaré.

Réaffirmant l’attachement de son organisation à l’État de droit, il a mis en garde contre toute forme d’impunité. « Nous sommes attachés à l’État de droit et rejetons toute banalisation de la vie humaine. Il est inacceptable qu’un tel crime ne fasse pas l’objet d’une clarification judiciaire complète », a-t-il conclu.

L’assassinat de Jovenel Moïse à sa résidence privée à Port-au-Prince avait mis en évidence de graves défaillances dans le dispositif de sécurité présidentielle, des assaillants lourdement armés ayant pu mener l’attaque malgré la présence d’unités de sécurité.

Les enquêtes se poursuivent en Haïti et aux États-Unis afin d’établir l’ensemble des responsabilités dans ce dossier.