QUARTIER-MORIN, samedi 6 juin 2026 (RHINEWS) – L’ancien député de Quartier-Morin, Hugue Célestin, a publié samedi une lettre ouverte adressée au journaliste Jean Monard Métellus, dans laquelle il critique son inculpation dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat du président Jovenel Moïse et lui exprime sa « solidarité », son « respect » et son « indéfectible soutien ».
Dans ce texte daté du 6 juin à Grand-Pré, M. Célestin recourt à une longue allégorie inspirée du monde rural haïtien pour évoquer la situation du journaliste. Il raconte l’histoire de « Mannyèl », un paysan qui consacrait son énergie à protéger les arbres et les sources d’eau de son village avant de devenir la cible de critiques lorsqu’un puissant personnage décida de transformer la région à son profit.
Selon l’auteur, le personnage de Mannyèl symbolise ceux qui défendent l’intérêt collectif et dénoncent les abus. « Son seul crime fut de parler comme une source qui refusait de tarir, laissant jaillir au grand jour des vérités que beaucoup auraient voulu retenir sur la pierre du silence », écrit-il.
Établissant un parallèle entre cette histoire et la situation de Jean Monard Métellus, l’ancien parlementaire affirme que le journaliste a exercé son métier « avec rigueur » au fil des années. « Depuis des années, tes émissions suivies par des centaines de milliers d’Haïtiens portent une parole libre, responsable et courageuse dans un pays où la vérité s’efface et se fragilise », déclare-t-il.
Dans sa lettre, M. Célestin soutient que les prises de position du journaliste ont notamment consisté à « interroger les puissants », « analyser les faits » et « dénoncer les dérives qui ont marqué la gouvernance du PHTK » sous les présidences de Michel Martelly et de Jovenel Moïse.
L’ancien député affirme également que l’inculpation du journaliste soulève des interrogations dans l’opinion publique. « Beaucoup ne peuvent s’empêcher de voir dans cette inculpation le signe troublant d’une époque où les voix d’alerte, de questionnement, de dénonciation et de proposition paraissent plus encombrantes que les auteurs mêmes des actes ayant conduit aux drames que traverse la nation », écrit-il.
Il estime par ailleurs que cette décision « suscite de légitimes interrogations » et nourrit le sentiment que « certaines forces cherchent moins à faire émerger la vérité qu’à intimider les consciences indépendantes ».
Dans un passage consacré à la liberté d’expression et au rôle des acteurs de la société civile, M. Célestin affirme que « lorsque les pouvoirs sont ébranlés par la critique, ils ne combattent plus les arguments, mais ceux qui les portent ». Il ajoute que des tentatives seraient alors menées pour « réduire au silence journalistes, intellectuels, militants et citoyens engagés ».
L’ancien député appelle également Jean Monard Métellus à poursuivre son travail malgré les difficultés. « Continue de défendre cette parole libre, indispensable à toute société qui aspire à la justice et à la dignité. Ne laisse pas les intimidations, les manœuvres et les calculs politiques altérer ta détermination », écrit-il.
Dans la conclusion de sa lettre, Hugue Célestin compare le journaliste au personnage de Manuel dans le roman Gouverneurs de la rosée de Jacques Roumain. « JeanMo, comme Manuel dans Gouverneurs de la rosée, tu découvres peut-être aujourd’hui qu’il est parfois plus risqué de révéler à un peuple le chemin de la source que de le laisser mourir de soif », écrit-il.
Selon lui, les citoyens qui refusent « la résignation » finiront par contribuer à un renouveau national. « La nation finira par réclamer vérité, justice et responsabilité », conclut-il dans cette lettre ouverte rédigée depuis Grand-Pré.

