GENÈVE, mardi 1er septembre 2026 (RHINEWS)– Le Comité des Nations unies pour l’élimination de la discrimination raciale (CERD) appelle les États à dépasser les reconnaissances symboliques et les excuses officielles pour engager des mesures concrètes de justice réparatrice en faveur des personnes d’ascendance africaine confrontées aux conséquences historiques et contemporaines de la traite et de l’esclavage.
Dans des recommandations consacrées à la justice réparatrice, le Comité préconise notamment l’adoption de plans d’action nationaux assortis d’échéances précises. Ces plans devraient être élaborés en concertation avec les personnes d’ascendance africaine, les communautés concernées et les structures chargées de la conception et du suivi des mécanismes de réparation.
Le CERD demande également aux États d’abroger ou de réviser les lois, politiques et pratiques susceptibles de perpétuer le racisme et la discrimination ou de faire obstacle à la justice réparatrice. Il estime que les efforts doivent porter sur les législations, les politiques publiques et les institutions qui contribuent au maintien des inégalités raciales.
Le Comité insiste par ailleurs sur la participation pleine et effective des personnes d’ascendance africaine et des communautés touchées à l’élaboration des politiques ainsi qu’à la conception et à la mise en œuvre des mesures de justice réparatrice.
« Les reconnaissances et les excuses devraient s’accompagner de mesures concrètes et ne devraient pas se substituer à d’autres formes appropriées de réparation », soulignent les experts.
Le CERD s’est également penché sur la responsabilité des acteurs privés et d’autres acteurs non étatiques ayant participé à la traite des Africains réduits en esclavage, l’ayant facilitée ou en ayant tiré profit.
Parmi les institutions concernées figurent notamment des organisations religieuses, des universités, des entreprises, des banques, des compagnies d’assurance et d’autres institutions financières. Le Comité demande aux États de veiller à ce que ces acteurs contribuent aux efforts de justice réparatrice.
Cette contribution devrait notamment passer par la reconnaissance de leur rôle historique, l’ouverture des archives pertinentes et une participation aux mesures de réparation « d’une manière proportionnelle à leur implication et aux avantages qu’ils en ont tirés », selon le CERD.
Pour le Comité, les conséquences de la traite des Africains réduits en esclavage et de l’esclavage racialisé ne relèvent pas uniquement du passé. Elles continuent de se manifester sous la forme d’une « discrimination raciale systémique et d’inégalités structurelles ».
Le CERD relève notamment la persistance de violences racialisées, de stéréotypes et d’obstacles structurels susceptibles d’alimenter des disparités dans plusieurs domaines, notamment l’éducation, la santé, la mobilité économique et la sécurité environnementale.
Selon les experts, ces inégalités sont liées à des héritages historiques qui ont été « renforcés par des politiques perpétuant le racisme anti-Noirs ».
À travers ses recommandations, le Comité appelle ainsi les États à inscrire la question des réparations dans une démarche durable, associant reconnaissance historique, réformes institutionnelles et mesures concrètes destinées à répondre aux conséquences persistantes de l’esclavage et de la discrimination raciale.

