Hans Joseph revendique 68 rapports d’enquête transmis à la justice durant son passage à l’ULCC…

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PORT-AU-PRINCE, mardi 22 septembre 2026 (RHINEWS)– L’ancien directeur général de l’Unité de lutte contre la corruption (ULCC), Hans Joseph, a revendiqué, dans le bilan de ses six années à la tête de l’institution, la transmission à la justice de 68 rapports d’enquête et de plus de 120 dossiers d’agents publics pour défaut de déclaration de patrimoine.

Nommé à la direction générale de l’ULCC en juillet 2020 par l’ancien président Jovenel Moïse, Hans Joseph a également salué la mémoire de l’ex-chef de l’État, exprimant sa reconnaissance pour la confiance placée en lui alors qu’il était âgé de 34 ans.

« C’était l’honneur de ma vie », a déclaré M. Joseph, en évoquant sa nomination à la tête de l’institution.

Le gouvernement a décidé, le 2 juillet 2026, de le remplacer à la direction de l’ULCC par un cadre disposant, selon lui, de compétences et d’expérience dans les domaines de l’audit et du contrôle. Hans Joseph a présenté cette décision comme relevant de l’exercice normal des prérogatives du gouvernement.

Dans son bilan, l’ancien responsable affirme que son passage à l’ULCC lui a permis de constater que « la corruption est le principal responsable de tous les maux du pays ». Il cite notamment l’insécurité, la violence, l’impunité, le chômage, les grèves, la pauvreté et les difficultés d’accès à l’éducation parmi les conséquences de ce phénomène.

Hans Joseph a également dénoncé ce qu’il considère comme les faiblesses du dispositif judiciaire face aux actes de corruption impliquant de hauts responsables publics. « L’un des plus grands actes irresponsables qui participent à la dynamique de banalisation et d’imposition de la corruption et des mauvaises affaires dans l’État, c’est de décrire sur le code de justice qui autorise beaucoup de hauts fonctionnaires à faire toutes sortes de brigandages dans l’État sans aucune conséquence », a-t-il soutenu.

Concernant la déclaration de patrimoine, il affirme avoir activé les mécanismes de sanction après plusieurs campagnes de sensibilisation. Selon lui, des sommations ont été délivrées, des retenues sur salaire appliquées et plus de 120 dossiers transmis à la justice pour défaut de déclaration de patrimoine.

Des maires, députés, sénateurs, ambassadeurs, directeurs généraux et ministres auraient été concernés par ces mesures, a-t-il indiqué, affirmant que la fermeté de l’ULCC avait contribué à une hausse de 535 % des déclarations de patrimoine par rapport à l’année précédente.

Hans Joseph a également mis en avant le nombre de rapports d’enquête produits durant son mandat. Selon les données qu’il a communiquées, l’ULCC aurait produit 114 rapports d’enquête depuis sa création, dont 68 au cours de son administration, soit 59,6 % du total.

« J’ai eu le courage d’exiger des comptes », a-t-il déclaré, en affirmant que des personnes impliquées dans des détournements de fonds publics, des faits d’enrichissement illicite ou de blanchiment d’argent avaient été appelées à fournir des explications à l’ULCC.

L’ancien directeur général estime que les dossiers transmis à la justice constituent une opportunité pour celle-ci de lutter contre la corruption. « Je l’ai dit et je le répète : sur les six dernières années, l’ULCC a offert à la justice une occasion unique de mettre de l’ordre dans le pays », a-t-il déclaré.

Pour illustrer son appréciation de la situation, Hans Joseph a comparé la lutte contre la corruption à un traitement médical. « À la phase cancéreuse où elle est arrivée, l’aspirine, le Tylenol ne suffisent pas. Il faut certainement une chirurgie judiciaire pour éradiquer le mal », a-t-il affirmé.

Son bilan porte également sur les actions de prévention. Il a cité l’organisation de concours contre la corruption, de foires anticorruption, de concours de dessin et de musique ainsi que d’écoles d’été consacrées à la lutte contre la corruption.

Il a particulièrement souligné la création de 53 clubs d’intégrité dans des établissements scolaires publics et privés. Selon lui, ces initiatives visaient à transmettre aux jeunes des valeurs liées au bien commun, aux vertus civiques et au respect de la loi.

« Pendant que nous nettoyons l’État, nous préparons la génération vertueuse de demain », a-t-il déclaré, citant parmi les valeurs promues l’intégrité, la probité, l’honnêteté, l’éthique et le respect des biens publics.

Hans Joseph a conclu son intervention en appelant à la poursuite de la lutte contre la corruption. « Il faut agir et ensemble on va agir », a-t-il déclaré.