PORT-AU-PRINCE, jeudi 8 octobre 2026 (RHINEWS) – Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a officiellement lancé, jeudi, le déploiement de la Force de répression des gangs (FRG), lors d’une cérémonie de levée du drapeau organisée à la base Vertières, à Tabarre, en présence de représentants de six pays contributeurs de troupes, du corps diplomatique, des Nations Unies et du gouvernement haïtien.
Selon un communiqué de la Primature, cette cérémonie marque une nouvelle étape dans la mise en place de la force multinationale chargée d’appuyer les autorités haïtiennes dans la lutte contre les groupes armés qui contrôlent plusieurs secteurs du territoire national.
« L’État doit reprendre le contrôle de son territoire », a déclaré Alix Didier Fils-Aimé, présentant le déploiement de la FRG comme un élément de la stratégie gouvernementale visant à rétablir la sécurité et l’autorité des institutions publiques.
Le chef du gouvernement a précisé que la mission de cette force consiste notamment à contribuer à la reprise des territoires sous l’emprise des gangs, à assurer la protection de la population et à favoriser le rétablissement de l’ordre public.
Il a également souligné que les opérations sécuritaires doivent s’accompagner d’un retour effectif de la justice, des services publics et des institutions de l’État dans les zones actuellement affectées par les violences armées.
Selon la Primature, le Premier ministre considère le rétablissement de ces conditions comme indispensable à l’organisation d’élections libres, transparentes et crédibles, dans un pays confronté à une crise sécuritaire et institutionnelle prolongée.
Six pays participent à cette nouvelle force aux côtés d’Haïti : le Guatemala, El Salvador, le Tchad, la Mongolie, la Jamaïque et le Sri Lanka. Leurs représentants, présents à la cérémonie, ont réaffirmé leur engagement à soutenir les forces haïtiennes dans les opérations destinées à combattre les groupes armés.
La cérémonie a également été marquée par des démonstrations militaires destinées à présenter les capacités opérationnelles des contingents engagés dans cette mission.
Le communiqué gouvernemental ne précise toutefois ni les effectifs actuellement déployés, ni le calendrier des prochaines opérations, ni les zones géographiques qui seront prioritairement ciblées par la FRG.
Ce lancement intervient alors que la situation sécuritaire demeure particulièrement préoccupante en Haïti, où les violences des groupes armés continuent de provoquer des déplacements massifs de population, de perturber les activités économiques et de limiter l’accès aux services essentiels.
La Force de répression des gangs succède à la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MMAS), dont le déploiement, sous direction kényane, n’avait pas permis de rétablir durablement le contrôle des autorités sur les territoires occupés par les groupes armés.
Le 30 septembre dernier, le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté la résolution 2829, prolongeant de six mois, jusqu’au 31 mars 2027, le mandat de la FRG.
Si le gouvernement présente le lancement de ce jeudi comme une étape importante dans la lutte contre les gangs, l’efficacité de cette nouvelle force devra être évaluée à travers ses résultats sur le terrain, notamment sa capacité à réduire les violences, à protéger les civils et à permettre le rétablissement durable de l’autorité de l’État dans les zones sous contrôle des groupes armés.

