Haïti parmi les pays les plus menacés : l’ONU alerte sur une aggravation de la faim dans 13 foyers de crise à travers le monde…

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PORT-AU-PRINCE, mercredi 17 juin 2026 (RHINEWS) – Les Nations unies ont averti mercredi que la faim aiguë devrait s’aggraver au cours des prochains mois dans treize pays et territoires particulièrement vulnérables, tandis qu’Haïti demeure l’un des foyers de crise alimentaire les plus préoccupants de la planète, aux côtés du Soudan, du Soudan du Sud, du Yémen, de la Somalie, du nord-est du Nigeria et des territoires palestiniens.

Dans un rapport conjoint publié par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le Programme alimentaire mondial (PAM), les agences onusiennes estiment qu’environ 266 millions de personnes sont déjà confrontées à des niveaux élevés d’insécurité alimentaire aiguë dans les zones analysées et que la situation pourrait encore se détériorer entre juin et novembre 2026 sous l’effet combiné des conflits armés, des crises économiques, des catastrophes climatiques et de la réduction des financements humanitaires. (AP News⁠)

« La faim aujourd’hui n’est pas une menace lointaine ; c’est une urgence quotidienne pour des millions de personnes », a déclaré le directeur général de la FAO, Qu Dongyu, appelant la communauté internationale à agir rapidement afin d’éviter une aggravation de la crise alimentaire mondiale.

Selon les Nations unies, plusieurs pays se trouvent désormais au bord de la famine. Le Soudan, le Soudan du Sud, le Yémen, la Somalie, le nord-est du Nigeria et Gaza figurent parmi les zones où le risque est le plus élevé et où une intervention humanitaire immédiate est jugée indispensable pour éviter des pertes massives en vies humaines.

Le rapport souligne également que les financements humanitaires ont chuté de 59 % depuis 2022, compromettant gravement les capacités d’intervention des organisations humanitaires dans plusieurs régions du monde.

Haïti demeure un foyer majeur d’inquiétude.

Bien qu’Haïti ne figure pas parmi les six pays identifiés dans l’édition 2026 comme les plus exposés à un risque immédiat de famine, les Nations unies continuent de classer le pays parmi les crises alimentaires les plus graves au monde. La situation est largement attribuée à l’expansion de la violence des gangs, aux déplacements massifs de population, à l’effondrement économique et aux difficultés croissantes d’acheminement de l’aide humanitaire.

Selon les dernières données du PAM rendues publiques en avril 2026, 5,8 millions d’Haïtiens, soit environ 52 % de la population du pays, font face à des niveaux de crise alimentaire ou à des niveaux plus graves. Parmi eux, plus de 1,8 million de personnes se trouvent dans une situation d’urgence alimentaire, caractérisée par l’épuisement des moyens de subsistance et l’incapacité à satisfaire les besoins alimentaires de base.

Les Nations unies rappellent qu’Haïti traverse une crise alimentaire presque ininterrompue depuis près d’une décennie. L’insécurité liée aux groupes armés, l’instabilité politique, la récession économique et la vulnérabilité aux catastrophes naturelles continuent de fragiliser des millions de ménages.

Dans une précédente édition du rapport « Hunger Hotspots », la FAO et le PAM avaient indiqué que plus de 8 400 personnes déplacées vivant dans l’aire métropolitaine de Port-au-Prince faisaient déjà face à un niveau « catastrophe » d’insécurité alimentaire aiguë, la classification la plus sévère utilisée par les organismes internationaux.

Les agences humanitaires soulignent que l’emprise des groupes armés sur de vastes portions du territoire haïtien limite fortement les activités agricoles, perturbe les chaînes d’approvisionnement, augmente les prix des produits alimentaires et complique l’acheminement

Au-delà du cas haïtien, les Nations unies constatent que la faim mondiale se concentre désormais dans un nombre restreint de pays affectés par les conflits. Deux tiers des personnes souffrant d’insécurité alimentaire aiguë dans le monde vivent aujourd’hui dans seulement dix pays touchés par des guerres ou des violences prolongées.

Le Rapport mondial sur les crises alimentaires 2026 estime que 266 millions de personnes réparties dans 47 pays ont connu des niveaux élevés d’insécurité alimentaire aiguë en 2025, soit près du quart de la population analysée et presque le double de la proportion enregistrée en 2016.

Face à cette situation, la FAO et le PAM appellent les gouvernements, les bailleurs de fonds et les organisations internationales à accroître rapidement les financements humanitaires, à protéger les populations civiles dans les zones de conflit et à soutenir la production agricole locale afin d’éviter que des millions de personnes supplémentaires ne basculent dans la famine ou dans des situations de malnutrition sévère.

« Nous savons où la faim progresse et nous savons qui est en danger », avait déclaré la directrice exécutive du Programme alimentaire mondial, Cindy McCain, dans un précédent rapport des Nations unies. « Sans financement et sans accès humanitaire, nous ne pouvons pas sauver des vies. »