Haïti : le Répertoire national des métiers recense 1 774 professions et postes, dont 350 métiers informels…

Guichard Doré, Directeur de cabinet de la directrice de l’ONA…

PORT-AU-PRINCE, lundi 12 octobre 2026 (RHINEWS)– Le Répertoire national des métiers et des emplois (RNME) recense en Haïti 1 774 métiers, professions et postes, dont 350 métiers du secteur informel, selon un texte de Guichard Doré consacré à cet instrument de classification. Issu d’une étude nationale réalisée en 2022, le répertoire doit servir à organiser les statistiques de l’emploi, à orienter les formations et à faciliter l’identification des travailleurs susceptibles de bénéficier de la sécurité sociale.

Selon l’auteur, le RNME répond à une exigence de la loi du 8 novembre 2018 portant reconnaissance et validation des acquis de l’expérience. Il constitue l’un des instruments techniques prévus pour mettre en œuvre ce dispositif, qui permet de reconnaître les compétences acquises dans l’exercice d’une activité professionnelle.

Le répertoire comprend dix grands groupes professionnels, 97 sous-groupes et 102 familles professionnelles. Le secteur informel y est représenté par 38 familles regroupant 350 métiers, précise le document.

Cette classification repose sur « la nature des tâches et le degré de responsabilité dans l’accomplissement de ces tâches », explique Guichard Doré. Elle a été établie à partir d’enquêtes et de consultations destinées à identifier les activités exercées dans le pays.

L’auteur souligne toutefois les limites de cet inventaire. « Loin d’être exhaustif, le RNME devra être régulièrement actualisé pour prendre en compte les nouveaux métiers ou les nouveaux libellés », écrit-il.

Les dix groupes couvrent les responsables politiques et les cadres dirigeants, les professions intellectuelles et scientifiques, les professions intermédiaires, les employés administratifs, le personnel des services et les vendeurs, les agriculteurs et les ouvriers qualifiés de l’agriculture et de la pêche, les activités artisanales, les conducteurs d’installations et de machines ainsi que les ouvriers de l’assemblage, les ouvriers et employés non qualifiés, et les métiers de l’armée et de la sécurité.

Chaque grand groupe reçoit un code à un chiffre. Les sous-groupes sont identifiés par des codes à deux ou trois chiffres, tandis que chaque métier ou profession dispose d’un code unique permettant de le rattacher à sa catégorie.

Le RNME établit également une « table de correspondance entre l’emploi et la compétence ». Celle-ci rapproche les activités professionnelles des niveaux de qualification généralement nécessaires à leur exercice, en tenant compte des connaissances, des attitudes et des compétences requises.

Selon Guichard Doré, le ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle, l’Institut national de formation professionnelle, le ministère des Affaires sociales et du Travail et l’Office de management et des ressources humaines peuvent s’appuyer sur le répertoire pour concevoir des programmes de formation correspondant aux besoins de la production et de l’administration.

Les chambres de commerce et d’industrie ainsi que les organisations d’employeurs et de salariés pourraient aussi l’utiliser pour analyser les métiers, définir leurs besoins de recrutement et identifier les activités concernées par la reconnaissance et la validation des acquis de l’expérience professionnelle.

Sur le plan fiscal, l’auteur estime que le répertoire pourrait aider la Direction générale des impôts à revoir une nomenclature des activités économiques qu’il présente comme « vieille de plus de 30 ans ». La codification permettrait notamment de classer des professions dont les activités sont difficiles à identifier dans les catégories existantes.

L’Office national d’assurance-vieillesse pourrait, pour sa part, utiliser cet instrument pour identifier les professionnels des secteurs formel et informel devant contribuer au régime général de retraite, codifier les assurés et suivre leurs carrières, selon le texte. L’élargissement de la couverture sociale est présenté comme une utilisation possible du répertoire, sans données sur sa mise en œuvre effective.

Le document attribue également à cette classification un rôle dans l’harmonisation des statistiques du travail et leur comparaison avec celles d’autres pays. Elle pourrait soutenir les enquêtes et les recensements, l’étude de la main-d’œuvre, l’analyse des besoins de formation et l’identification des métiers exposés aux accidents professionnels.

Le répertoire propose aussi des appellations pour certaines activités, à l’exemple de « technicien de surface » pour le métier du nettoyage. Selon l’auteur, ces dénominations doivent faciliter l’identification des travailleurs et le classement de leurs activités par les administrations et les organismes de formation.

Guichard Doré prévoit enfin des ajouts et des corrections à mesure que progressera l’organisation du marché du travail. Il lie cette évolution à la mise en œuvre effective du décret établissant les ordres professionnels et les métiers, ainsi qu’à l’élaboration de répertoires propres aux différentes filières et branches professionnelles.