PORT-AU-PRINCE, 1er juillet 2025 (RHINEWS) —,Le président du Conseil présidentiel de transition (CPT), Fritz Alphonse Jean, a salué ce une avancée majeure vers la modernisation de l’administration fiscale haïtienne. Une plateforme technologique d’interconnexion entre la Direction générale des impôts (DGI), l’Administration générale des douanes (AGD) et la Banque de la République d’Haïti (BRH) est désormais opérationnelle, a-t-il annoncé, confirmant ainsi une promesse réitérée depuis plusieurs mois.
Conçue par le Ministère de l’Économie et des Finances (MEF) en partenariat avec les institutions concernées, cette plateforme permet désormais le partage en temps réel des données sur les recettes fiscales perçues par les différentes entités collectrices de fonds pour l’État haïtien. « C’est une étape décisive vers la transparence budgétaire et la redevabilité publique », a déclaré Fritz Alphonse Jean, ajoutant que « l’autre Haïti se dessine au milieu de ces turbulences. »
En termes de gouvernance, cette innovation représente une rupture stratégique avec les pratiques opaques qui ont longtemps miné la gestion des finances publiques en Haïti. En intégrant les flux d’information entre la DGI, l’AGD et la BRH, le gouvernement crée les conditions pour un suivi rigoureux, rapide et fiable des recettes publiques. « La circulation automatisée des données limite les possibilités de manipulation ou de dissimulation des fonds, tout en permettant au ministère de repérer rapidement les écarts ou anomalies », explique un expert en gouvernance numérique contacté par RHINEWS.
La rapidité d’exécution des transactions fiscales devrait également connaître un bond significatif, réduisant les délais administratifs pour les usagers et améliorant les performances internes des institutions. Selon les données internationales sur la digitalisation fiscale, les plateformes interconnectées permettent non seulement une augmentation des revenus de l’État, mais réduisent aussi les pertes dues à la fraude et à la corruption. Dans plusieurs pays africains et latino-américains ayant opté pour des solutions similaires, les recettes fiscales ont augmenté de plus de 20 % en moyenne sur deux ans.
Un autre élément annoncé, est l’intégration prochaine d’un chatbot intelligent à la plateforme. Dès la mi-juillet, ce système interactif fournira aux contribuables des informations actualisées sur leurs obligations fiscales et les démarches en cours, réduisant considérablement la dépendance à l’interface humaine et, par ricochet, les occasions de marchandage ou de traitement préférentiel. En août, le portail de Business Intelligence (Power BI) du MEF deviendra aussi accessible aux institutions autorisées, notamment les grandes entreprises, leur offrant une vue consolidée et dynamique de la structure fiscale du pays.
Ce virage numérique soulève également une question centrale pour la suite : et si une telle interconnexion technologique était étendue aux Archives Nationales, au Ministère de la Justice et à l’ensemble des institutions publiques responsables de documents officiels, de transactions foncières, de titres de propriété, ou de casiers judiciaires ? Une telle mesure pourrait renforcer l’intégrité des données, sécuriser les documents administratifs, et porter un coup décisif à la corruption endémique dans les services publics. Pour plusieurs spécialistes, cette démarche constituerait une réforme structurelle attendue depuis des décennies.
« Nous avons désormais les moyens techniques de suivre chaque gourde qui entre dans les caisses de l’État. Ce n’est pas seulement une réforme fiscale, c’est une révolution dans notre manière de gouverner », a insisté Fritz Alphonse Jean. Dans un pays où le déficit de confiance envers l’administration reste massif, cette initiative marque une rare avancée concrète vers un État plus transparent, plus efficace et plus responsable.

