PORT-AU-PRINCE, mardi 12 mai 2026 (RHINEWS)-Le militant anti-corruption, dirigeant de Ensemble Contre la Corruption (ECC), Edouard Paultre a dénoncé, dans une interview accordée à RHINEWS, les campagnes menées sur les réseaux sociaux contre le défenseur des droits humains Pierre Espérance, qu’il qualifie d’attaques récurrentes et dénuées de preuves.
Selon M. Paultre, les offensives visant M. Espérance ne sont pas nouvelles et se sont notamment intensifiées après la publication du rapport du Réseau national de défense des droits humains sur le massacre de La Saline.
« Les campagnes sur les réseaux sociaux contre Pierre Espérance sont courantes. Suite à la publication du rapport du RNDDH sur le massacre de La Saline, on avait orchestré toute une vague contre le défenseur des droits humains, sans fondement réel et sans preuve », a déclaré Edouard Paultre.
Le militant a soutenu que les accusations portées contre Pierre Espérance remontent aux années 1990, tout en affirmant qu’aucune procédure judiciaire n’a permis d’établir leur validité. « Les attaques contre ce citoyen sont perpétuelles et remontent aux années 90. Si les accusations étaient fondées, il serait déjà poursuivi en justice et condamné », a-t-il affirmé.
Interrogé sur la nécessité d’une réaction des organisations de défense des droits humains et de la société civile, M. Paultre a plaidé pour des gestes de solidarité envers le responsable du RNDDH. « Oui, il y a lieu de faire quelque chose dans ce sens. D’abord, il faut le rencontrer, lui exprimer leur solidarité et condamner de tels agissements », a-t-il indiqué.
Le militant a également reconnu que les acteurs engagés dans la défense des droits humains en Haïti évoluent dans un environnement marqué par les risques et les pressions. « Oui, on sait qu’on est exposé, même si les menaces ne s’expriment pas toujours », a-t-il déclaré.
Edouard Paultre a expliqué que la stratégie des organisations de défense des droits humains face à ces pressions repose notamment sur la documentation des faits, la dénonciation publique et le renforcement des réseaux de solidarité en Haïti et à l’étranger. « Collecter les informations, dénoncer, renforcer les liens de solidarité en Haïti et à l’étranger. Ce que les milieux criminels redoutent, ce sont les réactions de la communauté internationale et des sociétés civiles partenaires de nos organisations », a-t-il soutenu.
Évoquant les récentes décisions judiciaires dans le dossier impliquant Romel Bell, M. Paultre a affirmé que les critiques ou décisions judiciaires contestées ne réduiraient pas au silence les organisations engagées contre la corruption et les crimes financiers.
« Non. Nous faisons notre job quoiqu’il arrive. Ce ne sont pas les juges qui ont pris les décisions erronées contre Romel Bell qui nous feront nous taire », a déclaré Edouard Paultre, ajoutant que « le dossier d’enquête rédigé par l’ULCC reste debout jusqu’à ce que la justice comprenne que dans les crimes financiers, elle est appelée à défendre les intérêts de l’État ».

