La FJKL dénonce des attaques « gratuites et insensées » contre Pierre Espérance et défend l’arrêt dans l’affaire Romel Bell…

Me Samuel Madistin, Avocat...

PORT-AU-PRINCE, mardi 12 mai 2026 (RHINEWS)– La Fondasyon Je Klere a qualifié d’« attaques gratuites et insensées » les critiques et campagnes visant le Réseau national de défense des droits humains et son secrétaire exécutif Pierre Espérance, dans un contexte marqué, selon l’organisation, par un climat croissant d’intolérance et de violence en Haïti.

Contacté par RHINEWS, le président de la FJKL, Samuel Madistin, a estimé que ces attaques traduisent « le climat d’intolérance et de violence qui caractérise la société haïtienne d’aujourd’hui ».

Selon Me Madistin, « le culte de la pensée unique, le non-respect des règles d’une société d’ouverture et de l’État de droit sont les principales caractéristiques de la société haïtienne d’aujourd’hui ». Il a ajouté que ce contexte rend « le travail des défenseurs des droits humains plus difficile au niveau d’une société où la violence verbale, morale ou physique fait la loi impunément ».

La FJKL a affirmé apporter « tout son support » à Pierre Espérance et au RNDDH dans le cadre de leurs activités de défense des droits humains.

Interrogé également sur les critiques suscitées par la décision de la cour d’appel de Port-au-Prince dans le dossier impliquant Romel Bell, Me Samuel Madistin, qui assure la défense de Romel Bell, a rejeté les accusations dirigées contre les juges ayant rendu l’arrêt.

L’avocat a qualifié ces critiques de « totalement infondées » et a déploré « l’absence en Haïti d’une presse spécialisée qui pourrait apprécier et critiquer de telles décisions de manière à faire avancer le droit et non à exprimer des émotions ou des arrière-pensées subjectives ».

Selon Me Madistin, le droit haïtien demeure « formaliste », dans la mesure où « la forme prime le fond ». Il a soutenu que le traitement du dossier Romel Bell devant les juridictions inférieures aurait été entaché « d’erreurs inacceptables dans une société démocratique caractérisée par le droit à la présomption d’innocence », erreurs que les avocats de la défense auraient exploitées en appel.

« Ce qu’il faut critiquer, ce n’est ni l’arrêt de la Cour d’appel ni les juges de la Cour d’appel, mais ceux qui ont péché sur la forme tant à l’ULCC qu’au niveau du cabinet d’instruction », a déclaré Me Madistin.

L’homme de loi a également affirmé que « dans une société démocratique, la forme reste la sœur jumelle de la liberté », estimant que le fait pour des avocats de tirer profit d’irrégularités procédurales dans des dossiers de corruption « n’a rien d’anormal ».

Pour Me Samuel Madistin, la lutte contre la corruption exige « une expertise sans faille » de la part des institutions étatiques afin d’éviter « les erreurs, les abus et la violation des droits des citoyens ». Il a conclu que l’arrêt rendu dans l’affaire Romel Bell devrait servir « de leçon » pour améliorer le traitement judiciaire des dossiers financiers, plutôt que d’alimenter « des critiques infondées, inutiles et injustifiées ».