WASHINGTON, mercredi 1er avril 2026 (RHINEWS)– La Cour suprême des États-Unis a examiné mercredi une affaire majeure portant sur la remise en cause du droit à la citoyenneté automatique pour les enfants nés sur le sol américain de parents en situation irrégulière, une audience marquée par des échanges soutenus et un scepticisme notable d’une partie des juges.
L’audience, qui a duré plus de deux heures, portait sur un décret signé en 2025 par le président Donald Trump visant à exclure de la citoyenneté les enfants nés aux États-Unis de parents sans statut légal ou titulaires de visas temporaires. Fait inhabituel, le président s’est déplacé en personne à la Cour, soulignant la portée politique du dossier.
Au cœur des débats figure l’interprétation du Quatorzième amendement, qui garantit la citoyenneté à « toute personne née ou naturalisée aux États-Unis et soumise à leur juridiction ». L’administration soutient que les enfants de migrants en situation irrégulière ne remplissent pas cette condition, estimant qu’ils ne sont pas pleinement « soumis à la juridiction » des États-Unis. Les plaignants — des États fédérés et des organisations de défense des droits civiques — contestent cette lecture, la jugeant contraire au texte constitutionnel et à une jurisprudence établie depuis plus d’un siècle, notamment l’arrêt United States v. Wong Kim Ark.
Au cours de l’audience, plusieurs juges, y compris parmi les conservateurs, ont exprimé des doutes quant à la solidité de l’argumentation du gouvernement. Le président de la Cour, John Roberts, a ainsi qualifié l’approche de l’administration de « quirky » (« étrange »), selon des propos rapportés durant les échanges. D’autres magistrats ont évoqué les conséquences d’un éventuel revirement de jurisprudence, en particulier les implications administratives et humaines d’une remise en cause du droit du sol.
Les juges ont également interrogé de manière approfondie les avocats opposés au décret, notamment sur la portée des décisions judiciaires bloquant la mesure à l’échelle nationale, laissant apparaître une prudence générale quant à l’issue du dossier.
Les opposants au décret ont averti que sa mise en œuvre pourrait priver de citoyenneté des centaines de milliers d’enfants chaque année et conduire à la formation d’une population « apatride » aux États-Unis.
À l’issue des plaidoiries, les neuf juges doivent désormais entamer leurs délibérations à huis clos. Une décision est attendue d’ici la fin de la session annuelle de la Cour, généralement entre juin et début juillet 2026. L’arrêt à venir pourrait redéfinir durablement l’interprétation du Quatorzième amendement et la politique migratoire américaine.

