PORT-AU-PRINCE, 1er avril 2026 (RHINEWS)- Au moins 32 personnes ont été tuées et une dizaine d’autres portées disparues lors d’une attaque armée survenue dans la nuit du 28 au 29 mars dans plusieurs localités de la commune de Petite-Rivière de l’Artibonite, selon un rapport publié mercredi par le Centre d’analyse et de recherche en droits de l’homme (CARDH).
D’après l’organisation, « le gang Grand Grif (localisé à Savien), appuyé par des alliés de la coalition Viv Ansanm, a pris d’assaut les populations […] et en a exécuté des dizaines de citoyens dont certains dans leur maison mise en feu ».
Le bilan partiel fait état « d’au moins 32 morts » et « dix personnes portées disparues », tandis que « ces attaques ont fait au moins 30 blessés », dont plusieurs pris en charge dans des hôpitaux de Saint-Marc et de Marchand-Dessalines.
Les violences ont touché plusieurs localités de la première section communale, notamment Jean Denis, Fond Benoît, Mégrielle, Boulain, Acacia et Rémond Saint.
Selon le CARDH, ces attaques « semblent s’inscrire dans une stratégie à la fois globale et spécifique des groupes armés », visant notamment à « fragiliser les efforts des forces de l’ordre » et à reprendre le contrôle de certains territoires.
L’organisation évoque également un contexte marqué par la transition entre la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MMAS) et la Force de répression des gangs (FRG), estimant que « ce massacre pourrait chercher à influencer le contexte sécuritaire lié à cette transition ».
Parmi les motivations possibles, le rapport cite aussi des logiques de représailles entre groupes armés, des rivalités historiques entre zones, ainsi que le contrôle stratégique de la route nationale numéro 1, notamment au niveau de Cado.
Face à cette situation, le CARDH appelle les autorités à adopter « un cadre juridique d’exception » pour renforcer l’efficacité des forces de sécurité, tout en respectant les obligations internationales en matière de droits humains.
L’organisation recommande également de doter la police de moyens d’intervention rapide, soulignant que « l’insuffisance des capacités de réponse rapide […] laisse souvent le champ libre aux groupes armés ».
Enfin, elle insiste sur la nécessité d’une stratégie globale de sécurité, intégrant non seulement les opérations policières, mais aussi le renforcement des institutions étatiques, dans un contexte où la tenue des prochaines élections dépend étroitement de l’amélioration de la situation sécuritaire.

