GEORGETOWN, vendredi 14 novembre 2025 (RHINEWS)- La Communauté des Caraïbes (CARICOM) a annoncé vendredi un partenariat stratégique avec la Banque interaméricaine de développement (BID) visant à développer un cadre statistique régional destiné à mesurer la pauvreté et la vulnérabilité dans les États membres, un outil jugé indispensable pour orienter les politiques publiques et renforcer la résilience face aux chocs économiques, sociaux et climatiques.
Selon le communiqué officiel, le projet sera d’abord expérimenté aux Bahamas, au Belize, au Guyana et à Trinité-et-Tobago. Il prévoit la mise en place de systèmes de données améliorés, l’élaboration de lignes directrices méthodologiques, la production d’outils de connaissance régionale et la création de modules de formation pour administrer des enquêtes multisectorielles capables d’évaluer les vulnérabilités économiques, sociales et environnementales. Les travaux ont officiellement démarré lors d’un atelier organisé le 12 novembre au siège du Secrétariat de la CARICOM, à Georgetown, avec une participation élargie en visioconférence.
Le Secrétaire général adjoint de la CARICOM, Dr Armstrong Alexis, a salué une initiative qu’il juge « urgente » au regard de l’actualité climatique dans la région. « Le passage dévastateur de l’ouragan Melissa, un cyclone de catégorie 5 qui a ravagé la Jamaïque et Haïti, nous rappelle que la vulnérabilité n’est pas un concept théorique mais une réalité quotidienne », a-t-il déclaré. Il a insisté sur la nécessité pour les États caribéens de disposer de données « exactes, complètes et en temps opportun » pour orienter les réponses publiques. « La question qui se pose est simple : comment mesurer ce qui compte réellement ? Comment quantifier les effets sur les vies et les moyens de subsistance de nos citoyens pour mieux réagir et bâtir la résilience ? Sans données, nous risquons de rester réactifs plutôt que proactifs », a-t-il prévenu.
Dr Alexis a également souligné que comprendre la vulnérabilité « de manière cohérente et complète » est indispensable non seulement pour faire face à la crise climatique, mais aussi pour soutenir « la quête de justice climatique » menée par la région.
La représentante de la BID au Guyana, Mme Lorena Solorzano-Salazar, a estimé que le lancement du projet marque « une étape essentielle » dans le renforcement des capacités statistiques de la Caraïbe. « Ce projet va améliorer la capacité régionale à générer les données nécessaires pour un avenir plus équitable et plus résilient », a-t-elle affirmé, se référant à d’autres initiatives conjointes réussies, dont le Cadre de Recensement Commun. Elle a rappelé que la lutte contre la pauvreté et les inégalités, ainsi que l’amélioration de la résilience et de la gouvernance via des systèmes de données robustes, figurent parmi les priorités institutionnelles de la BID. « Notre expérience collective nous a appris qu’il est impossible de répondre efficacement aux problèmes de pauvreté et de vulnérabilité sans données fiables, complètes et actualisées. Sans elles, concevoir et suivre des politiques innovantes devient extrêmement difficile », a-t-elle averti.
Les engagements pris lors de la récente 15e réunion du Comité permanent des statisticiens caribéens, notamment en matière de coordination entre offices statistiques nationaux, sont également soutenus par ce partenariat.
Désigné pays chef de file du projet, les Bahamas ont réaffirmé leur engagement par la voix de Jamiko Deleveaux, directeur général de l’Institut national de statistique. Selon lui, le programme constitue une priorité nationale et régionale. Il a insisté sur l’urgence de mettre en place des réponses fondées sur des données pour faire face aux « vulnérabilités sociales, économiques et environnementales » qui affectent les petits États insulaires en développement. « Cette initiative s’inscrit dans la vision des Bahamas de renforcer la coopération statistique régionale et de construire des systèmes performants capables de répondre aux agendas de développement nationaux, régionaux et internationaux », a-t-il déclaré. M. Deleveaux a soutenu que ce travail contribuera à bâtir « des communautés résilientes » et à stimuler une « croissance économique durable » dans la région.
Le Secrétariat de la CARICOM rappelle que l’organisation — créée en 1973 et regroupant quinze États membres et six membres associés — repose sur quatre piliers majeurs : intégration économique, coordination de la politique étrangère, développement humain et social, et coopération en matière de sécurité. Elle demeure, selon ses responsables, « l’un des meilleurs exemples d’intégration dans le monde en développement ».

