Washington réitère sa volonté de capturer Barbecue, Vitel’homme et Lanmou Sanjou, “parrains de la terreur” en Haïti…

Jimmy Cherizier alias Barbecue, de Viv Ansanm, Lanmo Sa Jou, chef 400 Mawozo, membre de Viv Ansanm et Vitelhomme Innocent, chef de Kraze Barye, membre de Viv Ansanm...

PORT-AU-PRINCE,  vendredi 3 octobre 2025 (RHINEWS)– Dans un message, l’ambassade des États-Unis en Haïti a rapplé la mise à prix des chefs de gangs haïtiens les plus redoutés, confirmant l’octroi de « millions de dollars » de récompense pour toute information menant à l’arrestation de Jimmy Chérizier alias Barbecue, de Vitel’homme Innocent et de Lanmou Sanjou.

« L’ère de l’impunité est terminée. Aidez-nous à remettre l’avenir d’Haïti entre les mains des Haïtiens », souligne le communiqué, qui accuse ces figures de la coalition Viv Ansanm d’être responsables « d’enlèvements et de meurtres de citoyens américains, de tentatives d’assassinat contre des civils américains et des Marines, d’enlèvements d’Haïtiens, de destructions de biens diplomatiques américains, de massacres et d’actes terroristes contre la population civile, de mise en place de réseaux de trafic illicite, de déstabilisation du pays et de contournement des sanctions ».

Cette annonce intervient à un moment décisif : le Conseil de sécurité de l’ONU vient tout juste d’approuver, par la résolution 2793, la création d’une Force de Suppression des Gangs (FSG) dotée d’un mandat robuste. Cette force aura la capacité de mener des opérations anti-terroristes, mais aussi de procéder directement à des arrestations, une nouveauté saluée comme un tournant majeur dans la lutte contre la criminalité organisée.

L’initiative américaine s’inscrit dans une continuité de mesures déjà prises contre les chefs criminels haïtiens. Washington rappelle que d’autres parrains du crime ont fini derrière les barreaux grâce à la coopération internationale. Le cas le plus emblématique reste celui de Wilson Joseph, alias Yonyon, ancien chef du gang 400 Mawozo, extradé vers les États-Unis et condamné par la justice fédérale pour enlèvements et association criminelle. « Yonyon purge actuellement sa peine aux États-Unis, preuve que la justice finit toujours par rattraper ceux qui croient être intouchables », souligne un diplomate américain.

De même, plusieurs lieutenants de Viv Ansanm ont déjà été sanctionnés par le Trésor américain, le Canada et le Conseil de sécurité des Nations Unies. Leurs avoirs ont été gelés, leurs déplacements restreints et leurs réseaux financiers progressivement ciblés. « Ces mesures ne sont qu’une étape. Aujourd’hui, l’objectif est clair : traduire en justice les têtes de réseau qui continuent de plonger Haïti dans le sang et la terreur », insiste l’ambassade.

Les États-Unis précisent que les informations permettant de localiser et de capturer ces criminels feront l’objet de récompenses immédiates, un dispositif déjà utilisé avec succès par le Département d’État dans d’autres contextes. En combinant pressions financières, coopération judiciaire et désormais l’appui de la FSG, Washington veut démontrer que « plus aucun chef terroriste n’est à l’abri ».

Dans un climat où les gangs multiplient les exactions et menacent ouvertement l’avenir politique du pays, le message américain est sans ambiguïté : « Ceux qui sèment la mort et la terreur en Haïti n’ont plus d’issue. La justice les rattrapera, comme elle l’a fait pour Yonyon. »