WASHINGTON, mercredi 27 mai 2026 (RHINEWS)-Les États-Unis auraient perdu leur confiance politique envers le secrétaire général de Organisation des États américains, Albert Ramdin, et mèneraient des discussions diplomatiques afin de réunir suffisamment de soutiens régionaux pour provoquer son départ, a rapporté le média argentin Infobae.
Selon cette publication, la crise aurait éclaté après une rencontre tendue tenue le 21 mai entre Albert Ramdin et l’ambassadeur américain auprès de l’OEA, Lee Rizzuto. La réunion aurait suivi la publication, le 19 mai, d’un mémorandum interne attribué à l’administration du président Donald Trump, évoquant des soupçons d’irrégularités comptables dans la gestion budgétaire de l’organisation.
Le document cité par Infobae affirme que l’OEA serait confrontée à « un scandale qui ressemble moins à un registre diplomatique qu’à un récit édifiant de népotisme, d’imprudence budgétaire et de mépris manifeste envers les États membres ». Le mémorandum met notamment en cause la promotion de Xaviera Jessurun au poste de directrice de cabinet.
Toujours selon Infobae, Xaviera Jessurun ferait l’objet d’une enquête judiciaire au Suriname pour des accusations présumées de corruption, fraude et blanchiment d’argent. Le média affirme qu’Albert Ramdin aurait néanmoins maintenu son soutien à sa collaboratrice.
Le compte rendu publié par Infobae indique que les échanges entre Ramdin et Rizzuto auraient duré une vingtaine de minutes et dépassé les usages diplomatiques habituels. Le secrétaire général aurait notamment invoqué ses relations supposées avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio, sans parvenir, selon le média, à dissiper les préoccupations de Washington.
Après cette rencontre, Lee Rizzuto aurait publié un message dans un groupe WhatsApp réunissant les ambassadeurs accrédités auprès de l’OEA. Dans ce texte reproduit par Infobae, le diplomate américain évoque des « préoccupations urgentes » liées aux récentes actions du secrétaire général.
« Ce qui est le plus alarmant, c’est que, confronté à ces faits, le secrétaire général a déclaré avec arrogance qu’il “rend compte au secrétaire d’État des États-Unis” », affirme le message attribué à Rizzuto.
Le diplomate y critique également la promotion de la collaboratrice de Ramdin, évoquant une augmentation salariale importante et dénonçant une décision prise « malgré les demandes directes de plusieurs États membres » de suspendre cette nomination jusqu’à la clarification des procédures judiciaires en cours.
Des proches d’Albert Ramdin, cités par Infobae, ont toutefois minimisé l’incident, affirmant qu’il s’agissait d’« une conversation privée tenue dans le cadre normal du travail de l’Organisation ». Le secrétariat général de l’OEA a pour sa part indiqué que Ramdin « maintient des contacts réguliers avec les représentants permanents de tous les États membres » dans le respect « des principes de confidentialité, de discrétion et de diplomatie ».
Infobae rapporte également que l’administration Trump chercherait actuellement à obtenir les 23 voix nécessaires pour pousser Albert Ramdin vers la sortie. Selon le média, Washington disposerait déjà du soutien de 12 États membres.
Le reportage souligne que plusieurs gouvernements considérés comme proches de Washington — notamment ceux de Javier Milei, Luis Abinader, Nayib Bukele et Daniel Noboa — pourraient soutenir la position américaine, tandis que le CARICOM, qui avait appuyé l’élection de Ramdin, chercherait à préserver son influence au sein de l’organisation régionale.
Selon Infobae, les États-Unis considèrent toutefois que le poste de secrétaire général doit continuer de revenir à un représentant caribéen même en cas de départ de Ramdin.

