NEW-YORK, mardi 22 juillet 2025 (RHINEWS)— Le Conseil de sécurité des Nations Unies tient, ce mardi 22 juillet, un débat public de haut niveau sur le thème : « Promouvoir la paix et la sécurité internationales par le multilatéralisme et le règlement pacifique des différends ». La réunion, organisée sous la présidence du Pakistan en juillet, sera dirigée par le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères pakistanais, Mohammad Ishaq Dar. Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, est attendu comme intervenant principal. Plus de 80 États membres ont confirmé leur participation.
La rencontre sera marquée par un vote sur un projet de résolution initié par le Pakistan, visant à renforcer les mécanismes onusiens de règlement pacifique des différends. Cette initiative s’inscrit dans un contexte marqué par la persistance de conflits prolongés, alimentés par des rivalités géopolitiques croissantes, le non-respect du droit international et la sous-utilisation des outils prévus au Chapitre VI de la Charte des Nations Unies.
Dans une note conceptuelle diffusée avant le débat, le Pakistan souligne que malgré l’adoption de plusieurs résolutions du Conseil — notamment les résolutions 1366 (2001), 1625 (2005) et 2171 (2014) —, les efforts onusiens restent « largement inadéquats » pour prévenir les conflits actuels. « Les outils du Chapitre VI, tels que la négociation, la médiation ou le règlement judiciaire, sont en déclin ou peu efficaces ces dernières années », déplore le document.
La note fait écho à l’Action 16 du Pacte pour l’avenir, adopté en septembre 2024 au Sommet du Futur, qui appelle à un soutien politique et financier accru aux instruments prévus pour le règlement pacifique des différends. Elle propose une relance de la diplomatie préventive, une activation plus systématique des bons offices du Secrétaire général, et une collaboration renforcée avec les organisations régionales et la société civile.
Le Secrétaire général devrait, selon des sources diplomatiques, rappeler que « le dialogue et la diplomatie sont plus que jamais indispensables dans un monde fracturé », soulignant que la paix demeure « au cœur même du mandat des Nations Unies ». Il devrait encourager les États à traduire leurs engagements souscrits dans le cadre de l’Action 16 en actions concrètes, et plaider pour un financement adéquat des efforts de prévention.
Plusieurs États membres devraient également exprimer leur appui au rôle du Secrétaire général et de l’Unité d’appui à la médiation du Département des affaires politiques et de la consolidation de la paix (DPPA), en mettant en avant des exemples concrets de crises non résolues — notamment en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique — qui ont dégénéré en conflits armés faute de recours effectif aux mécanismes du Chapitre VI.
En pleine crise budgétaire de l’ONU, et dans le contexte de l’initiative UN80 pour une organisation plus efficiente, les questions de financement devraient dominer les débats. Plusieurs délégations plaideront pour que la prévention reste une priorité, soulignant que « prévenir les conflits coûte moins cher que les résoudre ». D’autres, plus prudentes, appelleront à maximiser les ressources existantes et à privilégier des approches innovantes sans alourdir le budget de l’Organisation.
Certaines interventions appelleront à un partenariat renforcé entre le Conseil de sécurité et la Commission de consolidation de la paix (CCP), notamment dans le cadre de la revue actuelle de l’architecture de consolidation de la paix. La nécessité de mieux intégrer développement, sécurité et droits humains pourrait également être soulignée, avec un appel à renforcer le rôle politique des coordonnateurs résidents sur le terrain.
Le projet de résolution, mis « en bleu » ce 21 juillet après plusieurs cycles de négociation, s’inspire largement de l’Action 16 du Pacte pour l’avenir et d’un langage déjà approuvé dans des textes antérieurs. Il engage le Conseil à « promouvoir les outils de règlement pacifique des différends » prévus par la Charte, notamment les mécanismes d’enquête de l’article 34, les médiations du Secrétaire général avec des experts diversifiés, et la coopération avec les acteurs régionaux et la société civile.
Le texte appelle également à la participation inclusive des femmes et des jeunes, tout en encourageant l’ONU à renforcer ses capacités sans créer de nouvelles charges financières. À la demande de plusieurs États, la formulation finale est restée souple sur l’invocation du droit international humanitaire et les mécanismes contraignants de reddition de comptes.
Un ajout notable, obtenu notamment par la France, la Slovénie et d’autres membres européens, insiste sur « l’importance d’approches inclusives dans le règlement pacifique des différends, en assurant la participation pleine, égale et significative des femmes, ainsi que la participation significative des jeunes ».
Enfin, le texte demande au Secrétaire général de soumettre, dans un an, des recommandations pour renforcer les mécanismes de règlement pacifique, et au Conseil de convoquer un débat ouvert pour en évaluer les résultats. Les propositions visant à instaurer un débat annuel permanent ont été rejetées pour des raisons budgétaires.
Le débat de demain représente, selon plusieurs diplomates, « une opportunité de recentrer le Conseil sur les fondements mêmes de la Charte », souvent éclipsés par la gestion des crises. Il s’agira notamment de réhabiliter les outils diplomatiques préventifs, de combler les lacunes dans l’application des résolutions passées, et de replacer le règlement pacifique au cœur de l’action multilatérale du Conseil.

