Uder Antoine interdit d’entrée au Conseil électoral provisoire…

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PORT-AU-PRINCE, mercredi 3 juin 2026 (RHINEWS) – Le directeur exécutif du Conseil électoral provisoire (CEP), Uder Antoine, se serait vu interdire l’accès aux locaux de l’institution « jusqu’à nouvel ordre », selon une source généralement bien informée ayant requis l’anonymat et qui s’est confiée à RHINEWS.

D’après cette source, la décision aurait été adoptée le 3 juin par les membres du Conseil électoral provisoire dans le cadre d’une mesure qualifiée de conservatoire.

La même source a indiqué que les conseillers électoraux auraient pris en considération le fait que M. Antoine avait été recruté comme directeur exécutif du CEP le 14 avril 2026. Toutefois, son nom circulerait depuis plusieurs jours dans les médias comme celui de la personne qui aurait été choisie par le gouvernement pour occuper les fonctions de directeur général de l’institution électorale.

Selon les informations communiquées à RHINEWS, les membres du Conseil auraient également évoqué l’absence de nouvelles de M. Antoine depuis environ vingt-quatre heures au moment de l’adoption de la mesure.

« Les conseillers auraient constaté que l’intéressé n’aurait pas donné signe de vie depuis près d’une journée », a rapporté la source sous couvert de l’anonymat.

Dans ce contexte, le Conseil aurait décidé d’interdire à M. Antoine l’accès à l’ensemble des locaux du CEP jusqu’à nouvel ordre, a ajouté cette même source.

Toujours selon les informations obtenues par RHINEWS, la décision aurait été approuvée par le président de l’institution, Jacques Desrosiers, ainsi que par plusieurs autres membres du Conseil électoral.

Cette mesure intervient dans un contexte de tensions croissantes entre le gouvernement et l’institution électorale. La veille, une rencontre entre le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé et les membres du CEP a mis en évidence des divergences d’appréciation entre les deux parties concernant la gouvernance du processus électoral.

La Primature a présenté cette réunion comme une séance de travail marquée par une « convergence de vues » sur les principales priorités électorales, le CEP a, de son côté, exprimé des réserves sur certaines initiatives de l’Exécutif et dénoncé une décision qu’il jugerait contraire aux principes constitutionnels garantissant son indépendance.

D’après les informations communiquées par le gouvernement à l’issue de la rencontre, les discussions auraient porté sur l’examen du projet de décret électoral ainsi que sur les mécanismes de financement du processus électoral. L’Exécutif aurait estimé que les échanges avaient permis de constater une convergence de vues entre les deux institutions quant à la nécessité de renforcer la stabilité institutionnelle, de promouvoir l’unité nationale et d’accélérer les préparatifs en vue de la tenue d’élections crédibles, transparentes et inclusives.

La Primature a également indiqué que le Premier ministre avait réaffirmé la volonté du gouvernement de mobiliser l’ensemble des ressources institutionnelles, administratives et financières de l’État afin de permettre l’organisation des scrutins annoncés. Selon les mêmes informations, les deux parties seraient convenues de poursuivre les discussions techniques lors d’une prochaine rencontre au cours de laquelle le CEP devrait soumettre un projet de calendrier électoral.

Toutefois, la position exprimée par le Conseil électoral à l’issue de cette réunion a laissé apparaître des désaccords persistants avec l’Exécutif, notamment sur les questions touchant à l’autonomie institutionnelle du CEP. La décision visant Uder Antoine intervient ainsi dans un climat marqué par des interrogations sur les rapports entre les autorités gouvernementales et l’organisme chargé de l’organisation des prochaines consultations électorales.

Aucune réaction de M. Antoine n’était disponible dans l’immédiat. Les circonstances exactes entourant son absence et les raisons précises ayant motivé cette mesure n’ont pas pu être établies de manière indépendante au moment de la publication de cette dépêche.