Pétion-Ville, mercredi 3 juin 2026 (RHINEWS) – Le Conseil électoral provisoire (CEP) a décidé de résilier avec effet immédiat le contrat de travail de son directeur exécutif, Uder Antoine, quelques heures avant la publication dans Le Moniteur de l’arrêté gouvernemental le nommant directeur général de l’institution. Cette décision met en lumière les profondes divergences opposant actuellement le CEP et le gouvernement de transition autour du projet de décret électoral devant encadrer les prochaines élections.
Dans une résolution adoptée le mercredi 3 juin 2026, le CEP explique que sa décision intervient à la suite d’un désaccord majeur avec l’Exécutif concernant le contenu du futur décret électoral. Selon les membres du Conseil, le document qui leur a été présenté lors d’une réunion tenue le 2 juin était « nettement différent de celui que le Conseil a soumis préalablement au Premier ministre pour suite nécessaire ».
Le Conseil affirme que l’initiative d’élaboration d’un projet de loi ou de décret électoral relève exclusivement de sa compétence conformément aux dispositions constitutionnelles en vigueur. Il soutient également que le texte porté par le gouvernement « viole systématiquement le principe d’indépendance du Conseil électoral ».
Parallèlement, le gouvernement a procédé à la nomination d’Uder Antoine comme directeur général du Conseil électoral provisoire. Cette nomination a été officialisée par un arrêté publié dans une édition spéciale du journal officiel Le Moniteur en date du mercredi 3 juin 2026.
Selon la résolution du CEP, les membres du Conseil avaient pourtant exprimé leur opposition au projet gouvernemental lors des discussions tenues avec le Premier ministre. Les conseillers reprochent à Uder Antoine d’avoir accepté cette nomination malgré la position institutionnelle adoptée par l’organisme électoral.
Le document indique que M. Antoine aurait accepté cette fonction « au mépris de la confiance placée en lui » par les membres du Conseil. Le CEP rappelle également que le directeur exécutif a l’obligation de contribuer à la préservation de l’indépendance de l’institution et à l’organisation d’élections « démocratiques, équitables, honnêtes, justes et légitimes ».
Estimant que l’acceptation du poste de directeur général « sape le principe d’indépendance du CEP », les conseillers ont voté la résiliation immédiate du contrat de travail de M. Antoine pour « manquement à ses obligations ».
La résolution prévoit en outre l’interdiction pour l’intéressé d’accéder aux locaux du Conseil électoral provisoire jusqu’à nouvel ordre. Elle lui impose également de remettre sans délai tous les biens, documents et matériels appartenant à l’institution qui se trouvent en sa possession.
Cette décision survient dans un contexte de tensions croissantes entre le Conseil électoral provisoire et les autorités gouvernementales au sujet du cadre juridique devant régir les prochaines consultations électorales. Elle ouvre un nouvel épisode dans les rapports entre l’organe chargé de l’organisation des élections et l’Exécutif, alors que le pays se prépare à d’importantes échéances électorales.
La publication quasi simultanée de l’arrêté nommant Uder Antoine directeur général et de la résolution mettant fin à ses fonctions de directeur exécutif illustre l’ampleur de la crise institutionnelle qui secoue actuellement le CEP.

