MIAMI, lundi 14 septembre 2026 (RHINEWS) – Le président américain Donald Trump a répondu à une correspondance de la Conférence des pasteurs haïtiens (COPAH), qui lui avait notamment demandé la suspension des déportations de ressortissants haïtiens ayant bénéficié du Statut de protection temporaire (TPS), sans toutefois se prononcer explicitement sur cette requête dans sa réponse.
Dans une lettre datée du 28 août 2026 et adressée au révérend Dr. Ernst Pierre Vincent, à Miami, Donald Trump écrit : « Je reste déterminé à faire progresser une politique étrangère de paix par la force et à veiller à ce que notre armée soit prête à dissuader les menaces et à défendre la liberté américaine », affirme le président américain, selon une copie de la correspondance consultée par RHINEWS.
Donald Trump ajoute que son administration « protégera toujours la souveraineté des États-Unis en renforçant notre défense et en dotant le pays de la force militaire la plus puissante au monde ».
Le président américain rappelle également sa responsabilité de commandant en chef : « En tant que commandant en chef, je placerai toujours nos citoyens, nos valeurs et notre Nation en premier ».
La réponse présidentielle ne fait toutefois pas référence, dans le texte visible, au TPS, à la situation particulière des ressortissants haïtiens ni à une éventuelle suspension ou limitation des mesures de déportation.
Dans sa lettre pastorale ouverte adressée au président Trump, la COPAH avait demandé un réexamen de la décision mettant fin au TPS accordé à quelque 350 000 ressortissants haïtiens. La mesure est désormais entrée en vigueur après les différentes procédures judiciaires, plaçant de nombreux anciens bénéficiaires du TPS face à la perte de leur protection et de leur autorisation de travail, ainsi qu’au risque de déportation. (GovDelivery)
Tout en reconnaissant le droit des États-Unis à définir leur politique migratoire, la COPAH avait expliqué que sa démarche ne visait pas à contester la souveraineté américaine, mais à attirer l’attention du président sur les conséquences humaines, familiales, économiques et sécuritaires de la fin du TPS.
L’organisation religieuse avait notamment souligné que de nombreux bénéficiaires vivent aux États-Unis depuis plusieurs années, y ont construit leur vie familiale et professionnelle, acheté des maisons, créé des entreprises et payé des impôts. Elle avait également insisté sur la présence, parmi eux, de travailleurs dans des secteurs essentiels, notamment les soins de santé, les services aux personnes âgées, les transports, la construction, l’hôtellerie, la restauration et d’autres secteurs de l’économie.
La COPAH avait par ailleurs mis en avant les conséquences possibles pour les familles haïtiennes, notamment celles comprenant des enfants citoyens américains, estimant que des déportations massives pourraient entraîner des séparations familiales et des difficultés sociales importantes.
L’un des principaux arguments avancés par la COPAH concernait la situation en Haïti. Dans sa lettre, la conférence pastorale estimait que les conditions ayant justifié l’octroi du TPS demeuraient préoccupantes, voire s’étaient aggravées.
Elle faisait notamment référence à la violence des groupes armés, aux déplacements massifs de population et aux difficultés rencontrées par les institutions haïtiennes pour rétablir leur autorité sur l’ensemble du territoire.
La COPAH avait également relevé une contradiction qu’elle jugeait préoccupante : alors que les autorités américaines avaient pris des mesures restrictives concernant les déplacements vers Haïti en raison de la situation sécuritaire, elle s’interrogeait sur la possibilité de considérer le pays comme suffisamment sûr pour accueillir immédiatement des centaines de milliers de personnes expulsées.
Cette préoccupation intervient alors que les premières opérations de déportation vers Haïti ont déjà repris après la fin du TPS. En août, un premier vol transportant plus de 160 personnes est arrivé à Cap-Haïtien, l’aéroport de Port-au-Prince étant alors considéré comme trop dangereux pour ce type d’opération.
Dans sa démarche, la COPAH avait demandé au président Trump de suspendre les expulsions visant les anciens bénéficiaires haïtiens du TPS, de réévaluer leur situation en fonction de l’évolution des conditions sécuritaires et humanitaires en Haïti et de maintenir temporairement leur protection jusqu’à ce qu’un éventuel retour puisse s’effectuer « dans la sécurité et la dignité ».
La conférence pastorale avait également appelé à l’ouverture d’un dialogue entre l’administration américaine et les représentants de la communauté haïtienne aux États-Unis.
Pour la COPAH, cet appel s’inscrivait dans sa mission religieuse de défense de la dignité humaine et de protection des personnes vulnérables. Elle avait invité le président américain à considérer, au-delà du cadre juridique de la politique migratoire, les conséquences humaines d’un retour massif vers un pays confronté à une grave crise sécuritaire et humanitaire.
La réponse adressée par Donald Trump à la COPAH ne fait cependant pas état de ces demandes. Le président américain y réaffirme principalement ses priorités en matière de sécurité nationale, de défense et de souveraineté américaine, sans annoncer de mesure concernant le TPS haïtien ou un moratoire sur les déportations.
Ainsi, la correspondance présidentielle constitue une réponse formelle à la démarche de la COPAH, mais ne permet pas, à ce stade, de conclure à une modification de la politique de déportation des ressortissants haïtiens ayant perdu leur protection au titre du TPS.
Le TPS pour Haïti a officiellement pris fin en juillet 2026 après les développements judiciaires ayant permis à l’administration de mettre en œuvre sa décision de terminaison.

