Sonet Saint-Louis dénonce un “nationalisme de profiteurs” et met en cause le Conseil présidentiel de transition…

Sonet Saint-Louis, Avocat

MONTRÉAL, mardi  2 décembre 2025 (RHINEWS)– Me Sonet Saint-Louis estime que la crise politique haïtienne découle d’un système de gouvernance marqué par la corruption, la médiocrité et l’absence de légitimité démocratique. Selon Saint-Louis, l’effondrement institutionnel actuel trouve son origine dans les dérives des élites politiques installées après l’assassinat du président Jovenel Moïse.

Il rappelle que « le président Jovenel Moïse a perdu le pouvoir dans la nuit du 7 juillet 2021, à la suite d’un coup d’État qui lui a coûté la vie », impliquant selon lui des proches collaborateurs et des opposants politiques. Il souligne que la classe politique ayant pris les rênes du pays depuis s’apprête à atteindre « l’équivalent d’un mandat présidentiel complet sans mandat populaire », ce qui, selon lui, fragilise davantage l’indépendance et la souveraineté d’Haïti.

Saint-Louis affirme que le Conseil présidentiel de transition (CPT) porte une responsabilité directe dans la situation actuelle, estimant que « le maintien d’un tel régime ouvre la voie au pillage des ressources de l’État, transformé en une véritable banque à dévaliser ». Il rappelle que le CPT a choisi le gouvernement, les diplomates, les responsables de la police et du haut commandement militaire, jugeant sa responsabilité « totale dans la catastrophe que nous vivons ».

Selon lui, l’adoption récente d’un discours nationaliste par certains dirigeants du CPT, dont Fritz Alphonse Jean, Moïse Jean-Charles et Claude Joseph, apparaît paradoxale. Il affirme que ces acteurs ont longtemps collaboré avec des puissances occidentales, et se demande quelle légitimité ils peuvent revendiquer pour jouer un rôle central dans la gouvernance que le pays espère instaurer le 7 février 2026.

Saint-Louis évoque également un système politique qu’il décrit comme hostile à la compétence. Il cite le professeur Leslie Manigat, qui identifiait comme fait marquant de l’histoire nationale « la lutte contre la compétence, la qualité, l’excellence et l’intégrité ». Selon lui, les élites haïtiennes ont perpétué un modèle de gouvernance fondé sur la médiocrité, permettant le retour régulier des mêmes figures politiques, quelles que soient leurs défaillances.

Abordant l’arrestation de l’ancien Premier ministre Ariel Henry aux États-Unis, Saint-Louis estime que celle-ci relève d’un « droit international fondé sur les règles édictées par les États-Unis » plutôt que du droit international classique. Il espère que les personnes sanctionnées ou inquiétées bénéficieront d’un procès « devant un tribunal neutre, indépendant et impartial », jugeant cette étape essentielle pour la stabilité du pays.

Il appelle à la formation d’une nouvelle gouvernance reposant sur le patriotisme, l’intégrité et la compétence, estimant qu’« aucun compromis n’est possible avec l’équipe actuellement au pouvoir ». Il affirme que « les manœuvres de dernière minute pour prolonger l’effondrement ne sont qu’un feu de paille » et qu’il est urgent de mettre fin à la crise par une solution politique concertée.

Malgré la gravité du contexte, Saint-Louis estime qu’« Haïti possède encore les ressources humaines, morales et historiques pour se relever », si ses dirigeants choisissent la voie de la lucidité et de l’unité.