WASHINGTON, lundi 10 août 2026 (RHINEWS)– L’administration du président Donald Trump a révoqué plus de 175.000 visas de ressortissants étrangers, invoquant notamment des infractions aux conditions de séjour, des activités criminelles, des menaces à la sécurité des Américains et des appels à la violence, a annoncé lundi le département d’État américain.
Selon le département d’État, la majorité des révocations sont intervenues à la suite de « contacts avec les forces de l’ordre » concernant diverses activités criminelles. Les principaux motifs cités sont les agressions, la conduite sous l’influence de l’alcool ou de drogues, les vols et les infractions liées aux stupéfiants.
L’administration américaine indique également avoir révoqué des visas dans des affaires impliquant des accusations ou condamnations pour agressions sexuelles, violences sexuelles contre des mineurs, enlèvements, traite des êtres humains, fraude, détournement de fonds et conduite dangereuse.
Le département d’État a présenté ces mesures comme le résultat de ses opérations de contrôle continu des titulaires de visas. Selon l’administration, ces vérifications visent à s’assurer que les bénéficiaires respectent les conditions de leur visa et ne représentent pas une menace pour les citoyens américains.
« La majorité de ces visas ont été révoqués à la suite de contacts avec les forces de l’ordre pour diverses activités criminelles », a déclaré le département d’État, citant notamment les agressions, la conduite sous influence, les vols et les infractions liées aux drogues parmi les principales causes.
Le département d’État a également fait état de révocations motivées par des publications ou déclarations considérées comme favorables à la violence. Parmi les exemples cités figurent plusieurs ressortissants étrangers qui auraient célébré l’assassinat, en septembre 2025, de Charlie Kirk, militant politique américain de droite.
D’autres cas ont été présentés comme relevant de considérations de politique étrangère. Le département d’État a notamment cité des ressortissants cubains ayant des liens présumés avec le régime communiste, des Iraniens vivant aux États-Unis et soupçonnés d’entretenir des liens avec le régime iranien, ainsi qu’un ressortissant koweïtien accusé d’avoir exprimé des souhaits de violence à l’encontre du président américain et des États-Unis.
L’administration a également mentionné le cas de Tou Lue Vang, un ressortissant âgé de 42 ans, père de six enfants, expulsé vers le Laos le mois dernier. Le département d’État a indiqué que son expulsion avait été décidée pour des motifs de politique étrangère, après une ancienne condamnation pour abus sexuel sur mineur qui avait fait l’objet d’une grâce du gouverneur du Minnesota, Tim Walz.
Plus de 100 visas ont par ailleurs été révoqués par une ambassade américaine en Afrique du Nord dans des dossiers qualifiés de « tourisme de naissance ». Il s’agissait, selon le département d’État, de parents venus principalement aux États-Unis pour y donner naissance afin que leurs enfants obtiennent la citoyenneté américaine.
Le rythme des révocations s’est nettement accéléré. Selon les données communiquées par l’administration, plus de 10.000 visas sont annulés chaque mois en 2026, contre plus de 8.000 révocations sur l’ensemble de l’année 2025. En janvier, le département d’État avait annoncé avoir déjà révoqué plus de 100.000 visas.
La politique suscite toutefois des interrogations chez certains spécialistes de l’immigration. The Hill rapporte que des avocats s’inquiètent notamment du fait que des visas puissent être révoqués à la suite de simples interactions avec les forces de l’ordre, y compris dans des affaires impliquant des accusations mineures ou n’ayant pas abouti à une procédure judiciaire.
Le département d’État défend néanmoins la mesure comme un instrument de contrôle de l’immigration et de protection de la sécurité nationale. « Un visa américain est un privilège, pas un droit », a-t-il déclaré, ajoutant que le gouvernement entendait utiliser « tous les outils disponibles » contre les personnes qui en font un usage abusif.
Cette nouvelle vague de révocations intervient alors que l’administration Trump renforce plus largement le contrôle des étrangers aux États-Unis, notamment à travers un durcissement des procédures de vérification et d’évaluation des antécédents.

