Pierre Espérance critique les pressions diplomatiques visant Fritz Alphonse Jean…

Pierre Espérance, directeur exécutif du RNDDH…

PORT-AU-PRINCE, dimanche 30 novembre 2025 (RHINEWS)- Pierre Espérance, directeur exécutif du Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), a désapprouvé dimanche les pressions diplomatiques et menaces de sanctions visant le conseiller-président Fritz Alphonse Jean, dans le contexte des démarches engagées pour le limogeage du premier ministre Alix Didier Fils-Aimé.

Selon M. Espérance, l’attitude de certains diplomates « ne favorisera pas la stabilité politique », rappelant que ces pressions ont déjà contribué, selon lui, à l’implosion du Conseil présidentiel de transition (CPT) et du gouvernement. Il estime que ces actions auraient pu rester dans le cadre de pressions diplomatiques classiques, « sans aller jusqu’à l’annulation de visas et à des accusations de soutien à des gangs terroristes ».

Le responsable des droits humains affirme qu’aucun élément ne permettrait de démontrer l’implication de M. Jean dans le soutien ou le financement de groupes armés. « Cela ne tient pas la route et risque de décrédibiliser les sanctions prises contre d’autres acteurs effectivement impliqués dans des activités criminelles, qui pourraient y voir une forme de chantage », a-t-il déclaré.

M. Espérance souligne que Fritz Alphonse Jean s’est toujours prononcé en faveur du renvoi du premier ministre Fils-Aimé, sans toutefois parvenir à obtenir la majorité nécessaire au sein du CPT. Il rappelle également que trois conseillers-présidents, inculpés pour leur implication présumée dans le scandale des 100 millions de gourdes de la Banque nationale de crédit (BNC), n’auraient jamais accepté la volonté de M. Jean de les écarter de l’instance. Selon lui, ces derniers se seraient rangés aux côtés du premier ministre dans l’espoir de garantir leur propre impunité.

Il précise avoir lui-même été opposé au limogeage de M. Fils-Aimé, estimant que le CPT ne disposait ni de la crédibilité ni de la légitimité morale pour prendre une telle décision à seulement deux mois de la fin de son mandat, prévue le 7 février 2026. Toutefois, il reconnaît que les pressions diplomatiques actuelles placent le chef du gouvernement dans une position difficile. « Il est mal perçu par l’opinion publique, qui le voit comme quelqu’un dont la survie politique dépend d’un soutien international », a-t-il observé.

Pour Pierre Espérance, la priorité reste le respect du calendrier établi : « Peu importe les tensions du moment, ils doivent tous partir le 7 février. Le pays devrait alors être confié à des technocrates chargés d’organiser des élections crédibles dans les plus brefs délais afin de remettre le pouvoir à des dirigeants légitimes », a-t-il conclu.