Pierre Espérance appelle au retrait du décret organisant la Haute Cour de justice…

Pierre Espérance, directeur exécutif du RNDDH…

PORT-AU-PRINCE, samedi 10 janvier 2026 (RHINEWS)- Pierre Espérance, directeur exécutif du Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), a appelé à rapporter le décret organisant la Haute Cour de justice, qu’il qualifie d’inconstitutionnel et dangereux pour la lutte contre la corruption et l’impunité en Haïti.

Selon Pierre Espérance, ce décret, adopté par le Conseil présidentiel de transition (CPT) et le gouvernement, est « inacceptable et révoltant ». Il estime qu’il s’agit d’un texte « mort-né », pris en violation flagrante de la Constitution et des engagements internationaux d’Haïti, notamment en matière de lutte contre la corruption, les crimes financiers et le blanchiment des avoirs.

« On ne peut pas décréter en dehors de la Constitution. Dans la hiérarchie des normes, un décret est inférieur à la Constitution et aux conventions internationales ratifiées par Haïti », a déclaré Pierre Espérance, soulignant que le pays est lié par des accords internationaux qui imposent des mécanismes indépendants et crédibles de reddition de comptes.

Le directeur exécutif du RNDDH affirme que ce décret vise à instaurer une forme d’impunité généralisée. « Ce décret garantit une impunité totale. S’il est appliqué, il va faire reculer Haïti dans la bataille contre la corruption, le blanchiment des avoirs et l’impunité », a-t-il soutenu.

Pierre Espérance critique également les dispositions qui, selon lui, placent les institutions de contrôle sous l’influence directe du pouvoir politique. Il dénonce le fait que des rapports sensibles sur la corruption impliquant des fonctionnaires de l’État puissent être soumis à l’approbation d’autorités politiques. « On ne peut pas demander à des ministres ou à des autorités politiques, qui peuvent eux-mêmes être concernés, de valider des rapports sur la corruption », a-t-il déclaré, estimant que cela vide ces institutions de leur indépendance.

Évoquant le contexte général, Pierre Espérance a averti que l’application d’un tel décret affaiblirait durablement l’État de droit. « Ce décret ne doit pas être appliqué. Il faut le rapporter immédiatement et reconnaître son caractère inconstitutionnel », a-t-il insisté, appelant les autorités à respecter les principes fondamentaux de la justice et les engagements internationaux d’Haïti.

Le responsable du RNDDH a enfin estimé que le Conseil présidentiel de transition constitue aujourd’hui « une source d’instabilité » pour le pays, affirmant qu’un organe éclaboussé par des accusations de corruption ne peut, selon lui, conduire efficacement la transition, rétablir la sécurité et organiser des élections crédibles.

Pierre Espérance a appelé les autorités et le système judiciaire à se placer « aux côtés de la population » pour défendre l’État de droit et empêcher l’entrée en vigueur d’un décret qu’il juge contraire aux intérêts fondamentaux du pays.