Pierre Espérance accuse le CPT de préparer un changement de gouvernement à deux mois avant la fin de sa mission…

Pierre Esperance, Directeur executif du RNDDH...

PORT-AU-PRINC, vendredi 21 novembre 2025 (RHINEWS) Le directeur exécutif du Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), Pierre Espérance, accuse le Conseil présidentiel de transition (CPT) de mener des démarches visant à remplacer le Premier ministre et à installer un nouveau gouvernement à environ deux mois de la fin de sa mission.

Il affirme que « deux mois avant l’échéance du CPT, qui arrive le 7 février 2025, le Conseil mène des tractations pour remplacer le Premier ministre et former un nouveau gouvernement », ce qui, selon lui, revient à reconnaître que « le gouvernement n’est pas bon » et que le Premier ministre « n’est pas capable ».

Selon Espérance, ces initiatives seraient motivées par des intérêts liés à la gestion des ressources publiques : « À l’approche de la fin de sa mission, le CPT devrait présenter un bilan. Au lieu de cela, il tente d’engager le pays dans un changement de gouvernement pour conserver ou renforcer son contrôle sur les ressources de l’État. »

Il soutient que le CPT est responsable de multiples nominations discutables : « C’est le CPT qui a nommé les ministres, le Premier ministre et les directeurs généraux. Certains membres du CPT négocient pour obtenir des pots-de-vin afin de placer des personnes à des postes stratégiques. Ce sont eux qui épuisent l’État », affirme-t-il. « L’échec du gouvernement, c’est leur échec. Ils doivent l’assumer et de préparer à rendre le pouvoir le 7 février », ajoute Esoerance.

Espérance accuse également le CPT de percevoir « des sommes importantes destinées aux  services de renseignement alors que les policiers manquent de moyens et que la population est livrée à l’insécurité ». Il estime que le Conseil « n’a ni intégrité ni moralité pour engager le pays dans un changement de gouvernement ».

Il considère que l’objectif du CPT serait de « rester au pouvoir après le 7 février », ce qu’il juge « inacceptable ». Selon lui, ni le gouvernement ni le CPT n’ont obtenu de résultats satisfaisants.

Le directeur du RNDDH affirme qu’il s’agit du « gouvernement de transition le plus inefficace et le plus corrompu depuis 1986 ». Concernant la sécurité, il soutient que la situation s’est aggravée : « Les gangs contrôlaient 50 à 55 % de la zone métropolitaine ; aujourd’hui, ils en contrôlent 90 %. »

Espérance met également en cause l’état-major de la Police nationale, qu’il décrit comme « composé à 80 % de personnes impliquées dans des violations », et évoque une « connivence » entre certains responsables, des acteurs politiques et des avocats.

Il accuse enfin le CPT d’intervenir pour favoriser la signature de contrats publics : « Ils veulent remplacer le directeur de l’ULCC, des membres à la Cour Supérieure des.Comptes er de Contentieux Administratifs et modifier la direction d’autres institutions pour faire passer des contrats en dehors des normes légales de passation de marché», affirme-t-il, qualifiant ces pratiques d’« inacceptables ».

Il rappelle que « le 7 février marque la fin de la mission du gouvernement et du CPT » et rejette toute tentative de prolongation de la transition. Il plaide pour qu’en 2026 soit mis en place « un gouvernement technocrate composé de femmes et d’hommes honnêtes », chargé de restaurer la sécurité et d’organiser « des élections libres, honnêtes et démocratiques ». « Nous n’avons pas besoin que d’autres décident à notre place », conclut-il.