PORT-AU-PRINCE, vendredi 21 novembre 2025 (RHINEWS)– À l’occasion de la Journée internationale des droits de l’enfant, le Bureau National de la Défense des Droits de l’Enfant et de la Femme (BUNADDEF) accuse l’État haïtien de manquer à ses obligations en matière de protection des mineurs, dénonçant « l’incompétence de l’État haïtien à mettre fin aux violences des gangs armés sur les enfants », selon l’organisation.
Dans une note publiée jeudi, le BUNADDEF affirme avoir « observé avec tristesse la délinquance juvénile et l’augmentation de la violence des gangs armés sur les enfants et les femmes en Haïti », indiquant présenter « ses sympathies aux familles victimes ». L’organisation rappelle que sa mission consiste à « promouvoir les droits humains et la démocratie en Haïti » et à défendre « les droits des plus démunis », notamment ceux des enfants et des femmes victimes d’abus.
Le BUNADDEF déplore par ailleurs « le comportement indolent de l’État haïtien qui refuse de résoudre définitivement le problème de l’insécurité dans le pays ». Selon l’organisation, « la montée avec une croissance vertigineuse du phénomène de l’insécurité et de la criminalité ne peut être passée sous silence », soulignant que cette situation constitue « une préoccupation quotidienne pour tous les citadins haïtiens » et pour plusieurs secteurs de la société civile.
Citant des « données statistiques », le BUNADDEF rappelle qu’en 2024 « on comptait environ 500 000 déplacés en raison du phénomène de l’insécurité à Port-au-Prince », avant qu’en 2025, ce nombre ne s’élève à « environ 1 300 000 personnes ayant laissé leur maison pour s’abriter sous des tentes ». L’organisation décrit un « marasme sociopolitique » marqué par « la prolifération des gangs armés opérant à l’échelle des quartiers » et par « l’insolvabilité des victimes » à se reloger dans des zones plus sûres.
Le BUNADDEF souligne également les alertes répétées des acteurs humanitaires sur « le faible niveau d’accès aux services et soins de santé », rappelant que « seules 20 % des structures de santé fonctionnent » à Port-au-Prince. « Pour l’année 2025, les droits des enfants sont violés, certains ont été tués par balles », poursuit l’organisation, citant des chiffres de l’OCHA selon lesquels « 1 463 945 enfants sont désormais en besoins de protection ». Un rapport de l’UNICEF indique en outre que « plus de 1 700 écoles ont fermé leurs portes entre juillet 2023 et juillet 2025 », tandis que le MENFP « dénombrait plus de 500 000 enfants privés de leur droit à l’éducation ».
Le BUNADDEF mentionne également « plus de 1 113 enfants séparés de leurs parents » dans les sites de déplacés en 2025, estimant que ces mineurs figurent « parmi les plus vulnérables ».
Rappelant que la Journée internationale des droits de l’enfant « consacre aux enfants leurs droits à la vie, à la santé, à l’éducation, de jouer, de vivre avec leurs parents, d’être protégés de la violence et de la discrimination », le BUNADDEF demande à l’État de « prendre en considération les réclamations pertinentes et constitutionnelles des droits de l’enfant ».
L’organisation cite notamment les articles 32-1 et 32-2 de la Constitution haïtienne de 1987 sur l’éducation, l’article 261 sur « la protection intégrale de tous les enfants », ainsi que l’article 19 garantissant « les droits à la sécurité et à la vie ». Elle rappelle également que la Convention relative aux droits de l’enfant, ratifiée par Haïti en 1994, impose que « l’intérêt supérieur de l’enfant soit primordial ».
Le BUNADDEF estime en conséquence que « l’État doit prendre des mesures pour résoudre définitivement l’insécurité qui affecte le bien-être des enfants en Haïti » et exprime l’espoir que les autorités « assumeront leurs responsabilités à partir de cette note sollicitant des changements ».

